ACTE m, SCÈNE V
Et moi, de bonne foi, je te donnais mon cœur, Sans connaître le tien et toute sa noirceur.
LE CHEVALIER
Vous m'honorez vraiment par-delà mes mérites ; Mais je ne comprends rien à tout ce que vous dites.
DÉMOPHON
Ma foi , ni moi non plus. Mais dites-moi, ma sœur, A quoi tend ce discours? Quelle bizarre humeur?
LE CHEVALIER, à DémophoD.
Madame est votre sœur ?
DÉMOPHON
Oui, monsieur, dont j'enrage; De plus , ma sœur atnée , et n'en est pas plus sage.
(à AramtDlc.)
Quel caprice nouveau , quel démon , dis-je , enfin , Vous oblige à venir, en faisant le lutin , Scandaliser id monsieur, qui, de sa vie, Ne vous vit , ne connut, et n'en a nulle envie ?
ARAHINTE.
Il ne me connaît pas ! Vous êtes fou , je crois ! Depuis plus de deux ans l'ingrat vit sous mes lois ; Il a fait de mon bien un assez long usage ; J'ai fait à mes dépens son dernier équipage ; Et si de ses malheurs je n'avais eu pitié , Il aurait tout au long fait la campagne à pied.
DÉHOPHON, bas aa chevalier.
Je VOUS le disais bien, qu'elle était un peu folle. LE CHEVALIER , bas à DémopboQ.
Elley vise assez.
DÉMOPHON , bas au chevalier.
Oh ! j'en donne ma parole. .
^ LE CHEVALIER
Je ne veux pas ici m'exposer plus longtemps A m'entendre tenir des discours insultants. A madame à présent je quitte la partie; Je reviendrai sitôt qu'elle sera partie.
DÉMOPHON , bas au chevalier.
Ne vous arrêtez point à tout ce qu'elle dit ; 11 faut s'accommoder à son bizarre esprit.
LE CHEVALIER
Pour un moment, monsieur, souffrez que je vous quitte ;
Je reTîens sur mes pas achever ma \isite.
(Il 8*en va.) . ARAMIUTE , au chevalier.
Ne crois pas m'échapper,