LE MARQUIS» MÉNECHME, YALENTIN
YALENTIN, àparu
Maïs je yois le marquis ; il tourne id ses pas. Les cent louis nous Yont donner de rembarras.
LE MARQUIS, embrassant rivement Ménechme, qu'il prend pour le
cheTalier.
Hé ! cadédis , mon cher, quelle heureuse fortune ! Que je f embrasse... encore.:, et mille fois pour une. Quelque contentement que j*aie à té revoir, Régardé-moi ; je suis outré dé désespoir; Lé jour mé scandalise , et youdrais contré quatre , - Pour terminer mon sort , trouver seul à mé battre.
MÉNBCBME.
Monsieur, je suis fÂché de vous voir en courroux ; Mais je n*ai pas le temps de me battre ayec tous»
LE MARQinS.
Un coup dé pistolet mé serait coup dé grâce. Je voudrais que quelqu'un m'écrasât sur la placer HÉNECHHE , À part à Valentin.
Quel est ce Gascon-là .'
YALENTIN, bas 4 Mëoechme.
C'est nnde Yosamis Sans doute , et des plus chers. .
iiÉNECHHE,bas à Yalentio.
JamaisjeneldYis.
LE HABQmS.
Je sors d'une maison ,' que la terre engloutisse ,
Et qu'avec elle eùcor la nature périsse !
Où , jusqn'au dernier sou, j'ai quitté mon argent.
D'un maudit lansquenet lé caprice outrageant
M'oblige à té prier dé vouloir bien mé rendre
Cent louis que dé .moi lé besoin té fit prendre.
Excuse si je viens ici t'importuHer :
En l'état où je suis, oi^ doit (out pardonner.
JléNECBHB.
Je vous pardoQne lout ; pardonnez-moi de même , Si je dis qu'en ce point ma surprise est extrême. Je ne vous connais point. Comment auriez-yous pu
338 LES MÉN£CHM£S.
' Me prêter cent louis » ne m'ayant jamais tu ?
LE MARQUIS
Quel est donc ce discours? U mé passe. A Tentendre.,
MENEGHME.
Le Yôtre est-il pour moi plus facile à comprendre?
LE MARQUIS
Vous né mé devez pas cent louis?
MÉNGCBMB.
Mon, ma foi; Vous les ayez prêtés à quelcpie antre qu*à moi.
LE MABQUIS.
n né vous souvient pas qu'allant en Allemagne, Étant vide d'argent pour faire la campagne. Sans Ane, ni mulet, prêt à demeurer là...
MÉMECRME, le cootrefaisant.
Je né mé souviens pas d'un mot dé tout cela.
1JE MARQUIS
Vous vîntes mé trouver pour vous faire ressource , Et que, sans déplacer, je vous ouvris ma bourse?
MENEGHME.
A moi? J'auRûs perdu le sens et la raison ,
De prétendre emprunter de l'argent d'un Gascon.
LE MARQUIS , montrant Valentin.
Cet hommé-ci présent peut rendre témoignage; Il était avec vous , je i^mets son visage.
( à Valentin. )
Viens çà , bélttre ; parle ; oséras-tu nier
Ce que son mauvais cœur t&che en vain d'oublier?
VALENnir.
Monsieur..
LE MARQUIS
Parle, ou ma main , dé fureur possédée...
VALENTIN
u m'en vient dans l'esprit quelque confuse idée.
LE MARQUIS
Quelque confuse idée ? Oh I moi , j'en suis certain.
(à Ménechroe. )
Çà, monsieur, mon argent, ou l'épée à la main.
MÉNEGHMB.
Quoi ! pour ne vouloir pas vous donner cent pistoles. Il faut que je me batte E