‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 294 sur 404 · LE MARQUIS» MÉNECHME, YALENTIN · texte numérisé non relu

LE MARQUIS» MÉNECHME, YALENTIN

YALENTIN, àparu

Maïs je yois le marquis ; il tourne id ses pas. Les cent louis nous Yont donner de rembarras.

LE MARQUIS, embrassant rivement Ménechme, qu'il prend pour le

cheTalier.

Hé ! cadédis , mon cher, quelle heureuse fortune ! Que je f embrasse... encore.:, et mille fois pour une. Quelque contentement que j*aie à té revoir, Régardé-moi ; je suis outré dé désespoir; Lé jour mé scandalise , et youdrais contré quatre , - Pour terminer mon sort , trouver seul à mé battre.

MÉNBCBME.

Monsieur, je suis fÂché de vous voir en courroux ; Mais je n*ai pas le temps de me battre ayec tous»

LE MARQinS.

Un coup dé pistolet mé serait coup dé grâce. Je voudrais que quelqu'un m'écrasât sur la placer HÉNECHHE , À part à Valentin.

Quel est ce Gascon-là .'

YALENTIN, bas 4 Mëoechme.

C'est nnde Yosamis Sans doute , et des plus chers. .

iiÉNECHHE,bas à Yalentio.

JamaisjeneldYis.

LE HABQmS.

Je sors d'une maison ,' que la terre engloutisse ,

Et qu'avec elle eùcor la nature périsse !

Où , jusqn'au dernier sou, j'ai quitté mon argent.

D'un maudit lansquenet lé caprice outrageant

M'oblige à té prier dé vouloir bien mé rendre

Cent louis que dé .moi lé besoin té fit prendre.

Excuse si je viens ici t'importuHer :

En l'état où je suis, oi^ doit (out pardonner.

JléNECBHB.

Je vous pardoQne lout ; pardonnez-moi de même , Si je dis qu'en ce point ma surprise est extrême. Je ne vous connais point. Comment auriez-yous pu

338 LES MÉN£CHM£S.

' Me prêter cent louis » ne m'ayant jamais tu ?

LE MARQUIS

Quel est donc ce discours? U mé passe. A Tentendre.,

MENEGHME.

Le Yôtre est-il pour moi plus facile à comprendre?

LE MARQUIS

Vous né mé devez pas cent louis?

MÉNGCBMB.

Mon, ma foi; Vous les ayez prêtés à quelcpie antre qu*à moi.

LE MABQUIS.

n né vous souvient pas qu'allant en Allemagne, Étant vide d'argent pour faire la campagne. Sans Ane, ni mulet, prêt à demeurer là...

MÉMECRME, le cootrefaisant.

Je né mé souviens pas d'un mot dé tout cela.

1JE MARQUIS

Vous vîntes mé trouver pour vous faire ressource , Et que, sans déplacer, je vous ouvris ma bourse?

MENEGHME.

A moi? J'auRûs perdu le sens et la raison ,

De prétendre emprunter de l'argent d'un Gascon.

LE MARQUIS , montrant Valentin.

Cet hommé-ci présent peut rendre témoignage; Il était avec vous , je i^mets son visage.

( à Valentin. )

Viens çà , bélttre ; parle ; oséras-tu nier

Ce que son mauvais cœur t&che en vain d'oublier?

VALENnir.

Monsieur..

LE MARQUIS

Parle, ou ma main , dé fureur possédée...

VALENTIN

u m'en vient dans l'esprit quelque confuse idée.

LE MARQUIS

Quelque confuse idée ? Oh I moi , j'en suis certain.

(à Ménechroe. )

Çà, monsieur, mon argent, ou l'épée à la main.

MÉNEGHMB.

Quoi ! pour ne vouloir pas vous donner cent pistoles. Il faut que je me batte E

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