‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 301 sur 404 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

DÉHOPHON.

Toujours préoccupée, N'èteft-Toos point , ma sœur, encore détrompée ? Et ne voyez-You8 pas que votre passion N'est rien qu'une chimère et pure vision ? Finissez, croyez-moi ; n*allez pas davantage Traverser mes desseins , et montrez-vous plus sage.

ARAMnrrE.

Sans rime ni raison vous babillez toujours ; Mais vous savez quel cas je fais de vos discours. Ménechme m'appartient ; et voilà la promesse Qu'il me fit de sa main pour marquer sa tendresse.

néifOPHON.

Mais jusqu'où va , ma soeur, votre crédulité ?

ARAMINTE

Il est , vous dis-je, à moi ; je l'ai bien acheté. Entendez-vous , ma nièce ?

ISABELLE

Oui, sans doute, ma tante, J'entends bien.

ARAMINTE

. Sans mentir, vous êtes fort plaisante De vouloir m'enlever un cœur comme le sien , Et vous approprier si hardiment mon bien ! Un procédé pareU est sot et malhonnête.

ISABELLE

Qui pourrait de vos mains ravir une conquête ? Quand on est une fois frappé de vos attraits , Vos yeux tous sont garants qu'on ne change jamais. Ce sont ces yeux charmants qui les volent aux autres.

ARAMDtTE.

Mes yeux sont, pour le moins, aussi beaux que les v<ytres; Et , lorsque nous voudrons les employer tous deux , On verra qui de nous y réussira mieux.

DÉMOPHON

Qfa ! je SUIS à la fin bien las de vous entendre.

34« LES MÉM£CHM£$.

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