‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 308 sur 404 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

HÉNECHIIE..

En aceouchant de moi l'oo vit mourir ma mère.

LE OHEYALIER.

La miemie est morte aussi 4e la même manière.

Je suis de Picardie. - .

LE CHEYAUER.

Et moi. pareillement

J'avais an certain frère , un mauvais garnement. Et dont, depuis quinze ans , je n'ai nouvelle aucune.

LE CHEYALIER.

Do mien, depuis ce temps, j'ignore la -fortune.

Ce frère , étant jumeau , dans tout me ressombloit

LE CHEVALIER

Le mien est mon image ; et qui me "voit , le yoit.

Mais TOUS qui me parlez , n'ètes-vous point oe frère P

LE CHEVALIER

C'est vous qui l'avez dit Yoilà tout le mystère.

Est-ilpossiblePôcielt

Que cet embrassement Vous témoigne ma joie et mon ravissement. Mon frère j est-ce bien vous? quelle heureuse rencontre l Se peut-il qu'à mes yeux la fortune tous montre?

Mon frère, en vérité... Je m'en réjouis fort : Mais j'avais cependant compté sur votre mort.

FINETTE, à Aramiote,

Ëln tout ceci , madame, il n*y va rien du nétre ; Quoi qu'il puisse arriver, nous auaons l'un ou l'autre.

DÉMOPflON.

L'incident que je vois , certes , n'est pas commun.

( à Isabelle. ) il te faut un épouv ; en voilà deux pour un : Choisis le bon pour toi , ma fllle, et te contente.

ISABELLE , reconnaissaot la marque du chapeau du cbevalier.

Puisque vous m'accordez le choix qui se présente,

356 LES MÉNËCHMES.

Portée également de Tune et Taatre part ,

(elle doDoe la maio au chevalier.) Je prends monsieur : il faut en courir le hasard.

ARAMOnrE y prenant Ménechme par le bras. Et moi y je prends monsieur.

• * HÉNEGBHE,à Araminte.

Il semble, à vous eûtendre, Que vous n'ayez ici qu'à vous baisser et prendre.

VALENTlNy pk>enant Finette parle bras.

Puisque chabun ici prend ce qui lui convient, Par droit d'aubaine aussi , Finette m'appartient. .

ROBERTlN,]prenant les deux frères par le bras. Moi y je vous prends tous deux. Je veux que l'on m'instruise En quelles mains enfin cette somme est remise. L'un de vous a touché soixante mille écus.

LE CHETAUER^ à Robertio.

N'en soyez point en peine , et je les ai reçus. C'est moi qui , pour la mienne , ayant pris sa valise , Ai su me prévaloir d'une heureuse méprise. C'est lui qui , pour un legs , vient d'arriver ici : .

C'est moi qu'on a cru mort , et qui m*en suis saisi : C'est moi qui , dans l'ardeur d'une feinte tendresse,

(montraot Araminte.)

A madame autrefois ai fait une promesse ;

Et c'est moi quj , depuis , brûlant des plus beaux feux ,

A l'aimable Isabelle ai porté tous mes vœux.

Vous m'avez donc trahi , vous , monsieur le notaire ?

ROBERTIN

Je n'ai rien fait de mal dans toute celte afïaire , Et j*ai du testateur suivi l'intention.

11 laisse à son neveu cette succession : Monsieur l'est comme vous; vpus n'avez rien à dire.

LE CHEVALIER

Aux arrêts du destin , mon frère , il faut souscrire. Mais vous aurez bientôt tout lieu d'être content. Pourvu que , sans éclat , vous vouliez à l'instant» En épousant madame , acquitter ma parole.

Comment donc ! voulez- vous que j'épouse une folle?

ACÏli V, SCÈNE Yi. 347

ARAHINTB) au chevalier.

Et de quel droit , monsieur , me Taites^vous la loi ? Je TOUS trouve plaisant de disposer de moi !

LE CHEYÀLIER, à Méiiechme et à ^raminte.

Suivez tous deux Tavis d'un homme qui vous aime. Vous vouliez m'épouser, c'est U0 autre oMi-même. Et , pour vous faire voir quelle est mon amitié , ^

De la succession recevez la moitié i Que trente mille éciis facilitent rafTairè.

MÉNECHHB^ embrassant le chevalier.

^ ce dernier traitlà je reconnais mon frère.

(à Araïuiiite. )

Çày ma reine, épousons» malgré notre discord. Nous nous sommes tous deux chanté pouiUeè à tort , Moi vous nonùnaut friponnes, et vous m'appeliint traître. Nous iVavions pas , pour lors , l'honneur de nous connaître. Bien d'autres , avant nous , en formant ce lien , ,

S'en sout dit tout autant, et se connaissaient bien.

FINETTE

Moi , quand ce ne serait que pour la ressemblance , Je voudrais l'épouser, sao&tant de résistance.

ARÂMINTE.

Si je pouvais un jour me résoudre à ce choix , Je le ferais «xprès » pour vous punjr tous trois. Vous n'avez , je le vois , que mon bien seul en vue; Mais, en me mariant, votre attente est déçue. Oui , je l'épouserai , pour me venger de vous. Lui donner tout mon bien , et vous désoler tous.

HÉMECniIE.

Ce sera très-bien fkit.

DÉMOPHON , aa chevalier.

Vous , acceptez ma fille , Puisqu'un coup du hasard vous met dans ma famille : Je voulais un Ménechme : en lui donnant la main , Vous ne cliangerez rien à mon premier dessein.

LE CHEVALIER

Dans l'excès du bonheur que le destin m'envoie» Mon cœur ne peut suffire à contenir sa joie.

VALENTIN

Chacun, Finette, ici songe à se marier; Marions-nous aussi, pour nous-désennuyer.

358 t£S MERECHMES.

FOlteTTB.

A ne t'en point mentir, j'en aurais grande envie : Mais je crains...

^ TALBirrra

Que crains-tu?

FIKETTE.

De faire une folie.

YALERTIR.

J'en fois une cent fois bien plus grande que toi ; . H:t je ne laisse pas de te donner ma foi.

(Aux auditeurs.) Messieurs , j'ai réussi dans l'hymen qui s'apprête ; De myrte et de laurier je vus ceindre ma tâte : Mais si je méritais tos applaudissements , 6e jour mettrait le comble à mes contentements.

PIN DES MÉNBCHMBS.

LE LEGATAIRE UNIVERSEL ,

COMÉDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS > REPRXflKNTlEXfPOURUl PRXMIXRS FOIS» LE LDICDI 9 JAZrVIKR I708.

PERSOMNAGES.

GÉRONTE , oncle d'ÉrasIe.

ÊRASTE t amant d'Isabelle. *

Mme ARGANTE, mère d'Isabelle,

ISABELLE , fille de Mme Argaote.

LISETTE , servante de Géronte.

CRISPIN, valet d'éraste. ,

M. CLISTOREL* apothicaire.

M. SCRUPULE

M. GASPARD, I notoires.

Un Laquais.

La aeêne est à Paris » ches M. Géronte.

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