‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 342 sur 404 · G^ONTE · texte numérisé non relu

G^ONTE

Moi ! lui laisser mon bien ! J'aimerais mieux cent fois L'enterrer pour jamais.

LISETTE

Ma foi , je m'aperçois Que monsieur le neveu , si j'en crois mon présage , N'aura pas trop gagné d'avoir fait son voyage , Et que le i)auvre diable , arrivé d'aujourd'hui. Aurait aussi bien fait de demeurer chez lui.

GERONTE.

Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine , Je t'assure déjà qu'il mourra de famine , Et qu'il n'aura pas lien de rire à mes dépens.

LISETTE

C'est fort bienfait : il faut apprendre à vivre aux gens. Voilà comme sont faits tous ces neveux avides , Qui ne peuvent cacher leurs naturels perfides : Quand ils n'assomment pas un oncle assez âgé , Ils prétendent encor qu'il leur est obligé. Mais Éraste revient, et nous allons apprendre Comment tout s'est passé.

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