STANCES
En ce temps malheureux oiL tout le genre humain, La flamme et le fer à la main , Ne travaille qu'à se défaire , On ne saurait trop honorer Ceux qui, d'humeur plus d<^bonnaire,
* Quoique ces Stances soient imprimées dans les quatre différentes édiUons des Poésies de M. Pavillon, de l'Académie française, on ne pense pas contredire les éditeurs, en attribuant à M. Regnard des vers qu'il a mis au rang de ceux dont 11 se dit auteur.
RE(;NAfiD. 40
Ne cherchent qu'à le réparer.
L'Hymen , pour repeupler la ferre, An Ken d*nn vain honneur que tous offre la guerre ,
Vous donnera de vrais plaisirs.
On ne trouvera point votre nom dans l'histoire :
Mais vivre au gré de ses désirs Vaut bien mieux qu'une mort avec un peu de gloire.
Ne divertissez point les fonds Destinés pour la paix de votre mariage : Encore aurez-vous peine, usant de ce ménage , A payer toutes les façons Que demande un si grand ouvrage.
Pour être heureux époux , soyez toujours amant ;
Que, bien plus que le sacrement,
L'amour à jamais vous unisse ; Et, pour faire durer le plaisir entre vous.
Que ce soit l'amant qui jouisse
De tout ce qu'on doit à l'époux.
Pour vivre sans débat dans votre domestique , Vous n'avez qu'un moyen unique ; Et je vais vous le découvrir.
Ne vous entêtez point d'être chez vous le maître ; Mais , si l'on veut bien le souffrir.
Contentez- vous de le paraître.
Quoi qu'on vous vienne débiter.
Que rien ne vous fasse douter Que votre épouse est toujours sage :
Car, sans cet article de foi , Qu'on doit croire toujours, et souvent malgré soi , Point de salut en mariage.