VOYAGE DE DANEMARK
qu'il faut pour manger, nous remarqu&mes que cette yilie portait trois harengs pour ses armes, à cause de la pèche considérable qi» if y fait de ce poisson. Nous frétâmes la nuit une barque à Yorkum, où nous arrivâmes le lendemain matin. Cette province s'appelle Nord-Hollande, et je ne crois pas qu'au reste de la terre il se puisse trouver de plus jolies femmes. Les paysannes ont une beauté qui ne le cède point aux anciennes Romaines, et qui donne de Tamour à la première vue.' Nou^ arrivâmes à Leeuvai-den, capitale de la Frise , ville très-jolie , qui reconnaît le prince de Nassau pour son gouverneur, n'ayant point voulu donner sa voix élective pour le prince d'Orange. Ce prince peut avoir vingt-dnq ou vingt-six ans : il perdit son père il y a environ dix4iuit ans , a la septième année de son âge..Ce prince mourut par un accident funeste : un pistolet , qui se lâcha malheureusement , ôta en même temps un grand homme à l'Europe, et un généreux gouverneur à la Frisé. Hambourg est une ville hanséatique , libre et impériale, qui, par sa bonne milice et ses fortifications régulières , est en état de ne point appréhender quantité de princes qui envient fort ce morceau^ et particulièrement le roi de Danemark, à qui elle siérait parfaitement bien. Ce prince la bloqua pendant ces dernières guerres avec vingt-cinq mille hommes ; mais ayant vu les troupes auxiliaires qui lui venaient de toutes parts , il ne put rien entreprendre davantage. Il a cédé depuis peu , pendant son vivant , toutes les prétentions qu'il pouvait avoir sw^eette ville moyen* nant la somme de deux cent mille écus. Elle est gouvernée par quatre bourgmestres et dix-huit conseillers. Les femmes y sont très-belles ; elles se couvrent le visage à l'espagnole.