SCÈNE IV. i
II arrive eu ce jour, et , pour lui faire fête ,
Hors ma maîtresse et moi , tout le moode s'apprête.
MERLIN. (Il boit.)
Que j'en ai de ctiagrin !
LISETTE
Pour faire un plein régal , Ce soir, ayaurla noce, on donne ici le bal.
HERUN , vidant sa bouleille.
On donne ici le bal? L'affaire est donc finie?
USÈlTE.
Autant vaut, mon enfant.
MERUN.
Morbleu I j'entre en furie, En songeant qu'un morceau si tendre et si friand Doit tomber sous la main d'un maudit bas Normand, Et de Falaise encor. Dis- moi : monsieur Géronte , Père de Léonor, ne meurt-il point de honte?
LISETTE
Ce Normand a, dit-il , plus de cent mille écus; Et, pour faire un mari , c'est autant de vertus.
MERUN.
Et que dit ta maîtresse?
LISETTE
Elle se désespère , S'arrache les cheveux.
MERLIN
Aufant en fait Yalère.
A table, aux Entonnoirs, dans mi grand embarras, Le pauvre diable attend sa vie ou son trépas.
LISETTE
Il peut donc maintenant , puisque l'affaire est faite , Mourir quand il voudra.
MERLIN
Quoi! ma pauvre Lisette, Laisserons-nous crever un pauvre agonisant?
LISETTE
N'as-tu point de remède à ce mal si pressant ? Quelque élixir heureux , quelque once d'émétique ?
MERLIN
Mais toi , ne peux-tu rien tirer de ta boutique? J'ai fait le diable à quatre.
LISETTE
Et j'ai fait le dragon, Moi. rattends même encore un mien parent Gascon, A qui j'ai fait le bec, et qui ce soir s'engage A Tenir traverser ce maudit mariage.
MBBLIN.
Et quel est ce Gascon que tu mets dans l'emploi ?
USETTE.
C'est un fourbe, un fripon, à peu près comme toL
MERUR.
Comme moi , des fripons I Fqac seul me ressemble.
USETTE.
Cest lui.
HERUN.
Je le verrai , nous agirons ensemble.
Si Yalère pouvait seulement se montrer...
LISETTE
Bon ! cela ne se peut. Comment pouvoir entrer? Tout le monde au logis vous connaît l'un et l'autre.
MERUN.
Ne sais-tu pas encor quelle adresse est la nôtre ? On m'a dit que ce soir on doit danser, chanter.
LISETTE
On me l'a dit ainsi.
MERLIN
J'en saurai profiter.
Aide-nous seulement,
LISETTE
Je suis prête à tout faire.
MERUN.
Et moi je te promets que si , dans cette affaire , Mon maître, plus heureux, épouse incognitOf Je pourrai t'épouser de même ex abrupto,
LISETTE
Depuis que mon mari , par grâce singulière , D*un surtout de sapin , que Ton appelle bière , Dont on sort rarement , a voulu se munir , J'ai fait vœu d'être veuve, et je le veux tenir.
MERLIN
Oui-dà , l'état de veuve est une douce chose :
On a plusieurs amants sans que personne en glose;