ÉR0NTE, ÉRASTE, LISETTE
GÉRONTE, tenant une lettre.
Je parle en cet écrit comme il faut à la mère :
Je Toudrais que quelqu’un me contât la manière Dont elle recevra mon petit compliment ;
Je crois quelle sera surprise assurément.
ÉRASTE
Si vous voulez, monsieur, me charger de la lettre, Moi»même entre ses mains je promets de la mettre Et de vous rapporter ce qu’elle m’aura dit Et ce qu’elle aura fait en lisant votre écrit,
GÉRONTE
Cela sera-t-il bien que toi-même on te voie...t
ÉRASTE
Vous ne sauriez, monsieur, me donner plus de joi«.
GÉRONTE
Dis-leur de bouche encor qu’elles ne pensent pas A renouer l’hymen dont je fais peu de cas...
ÉRASTE
De vos intentions je sais tout le mystère.
GÉRONTE
Que je vais à l’instant te nommer légataire.
Te donner tout mon bien.
ÉRASTE
Je connais leur esprit:
Elles en crèveront toutes deux de dépit.
Demeurez en repos; je sais ce qu’il faut dire;
LE LÉGATAIRE UNIVERSEL Et de notre entretien je reviens vous instruire,
SGÈNE X
GÉRONTE, LISETTE
GÉRONTE
Oui, depuis que j’ai pris ce généreux dessein,
Je me sens de moitié plus léger et plus sain.
LISETTE
Vous avez fait, monsieur, ce que vousdeviei faire.
Mais j’aperçois quelqu’un.