ACTE. lU, SCÈNE TOI Tl
GÉRONTB*à Qrispin,
Elle est folie, et souyent il ki pread desaccèfli^
Elle ne parle pas si fciea qno vous procès.
CRISPIN
Ce procès- n’e&t pas seul le sujet qui m’amène^
Et qui roi’a fait quitter si briisquement le Maine.
Ayant appris, monsieur, par gens dignes de foi,
Qui m’ont fait u» récit detvous, et que je crois,
Que vous étie» na^ homme atteint de plus d’un vice,
Un ivrogne, un joueur...
ÉRASTE
Comment donc? quel capiic-j !
CRISPIN
Qui hantiez certains lieux et le jour et la nuit,
Où l’honnêteté soajB*ré et la pudeur gémit...
GÉRONTE
Est-ce à moi, s’il vous plaît, que ce discours s'adresse?
Oui, mon oncle, à vous même. A-t-il rien qui ?ous blesse? Puisqu’il est copié d’après la vérité?
GÉRONTE, à part.
Je ne sais où j’en suis.
CRISPIN
On m’a même ajouté Que, depuis très-longtemps avec mademoiselle,
Vous meniez une vie indigne et criminelle.
Et que vous en aviez déjà plusieurs enfants.
LISETTE
Avec moi, juste ciel l voyez les médisants I De quoi se mêlent-ils? est-ce là leur affaire?
LB LÉGATAIRE UNIVERSEL
GÉRONTE
Je ne sais qui retient Teifet de ma colère.
CRISPIN
Ainsi, sur le rapport de mille honnêtes gens,
Nous avons fait, monsieur, assembler vos parente;
Et^ pour vous empêcher, dans ce désordre extrême^
De manger notre bien, et vous perdre vous-même,
Nous avons résolu, d’une commune voix,
De vous faire interdire^ en observant les lois,
Moi, me faire interdire i
LISETTE
Ah ciel I quelle famille I CRISPIN.
Nous savons votre vie avecque cette fille,
Et voulons empêcher qu’il ne vous soit permis De faire un mariage un jour in extremis,
GÉRONTE, se levant.
Sortez d’ici, madame, et que de votre vie P’y remettre le pied il ne vous prenne envie ;
Çortez d’ici, vous dis-je, et sans vous arrêter..,
CRISPIN
€omment l battre une veuve et la violenter i Au secours l aux voisins I au meurtre I on m’assassine t
GÉRONTE
Voilà, je vous l’avoue, une grande coquine.
CRISPIN
Quoi I contre votre sang vous osez blasphémer t Cela peut bien aller à vous faire enfermer.
LISETTE
Faire enfermer monsieur i