ACTE IV, SCÈNE IV
CRiSPiN, se déshabillant.
Ne perdons point de temps ; que l’on m’habille en hÂU«’ Monsieur, mettez la main, s’il vous plaît, à la pâte :
La robe; dépêchons, passez-la dans mes bras.
Ah 1 le mauvais valet l Chaussez chacun un bas.
Çà, le mouchoir de cou. Mets-moi vite ce casque.
Les pantoufles. Fort bien. L’équipage est fantasque.
LISETTE
Oui, voilà le défunt; dissipons notre ennui :
Géronte n’est point mort, puisqu’il revit en lui;
Voilà son air, ses traits ; et l’on doit s’y méprendre.
CRISPIN
Mais, avec son habit, si son mal m’allait prendrai
ÉRASTE
Ne crains rien, arme-toi de résolution.
CRISPIN
Ma foi, déjà je sens un peu d’émotion :
Je ne sais si la peur est un peu laxative,
Ou si cet habit est de vertu purgative.
LISETTE
Je veux te mettre encor ce vieux manteau fourré Dont au jour de remède il était entouré.
Tu peux quand tu voudras appeler les notaires;
Me voilà maintenant en habits mortuaires.
LISETTE
le vais dans un moment les amener ici.
CRISPIN
Secondez-moi bien tous dans cette alTaire-cL
•LE LÉGATAIRE UNIVERSEL
SCÈVE V
ÉRASTE, GRISPIN.
CRISPIN
Vous, moosieur, s’il* vous plaît, fermez porte et fenêtre; Un éclat indiscret peut me faire connaître.
Avancez celte table. Approchez ce fauteuil.
Ce jour mal condamné me blesse encore l’œil.
Tirez bien les rideaux, que rien ne nous trahisse,
ÉK,\STE.
Fasse un heureux destin réussir l’artifice I Si j’ ose me porter à celle extrémité.
Malgré moi j’obéis à la nécessité.
J’entends du bruit.
CRISPIN, se jetant brusquement sur un fauteuil.
Songeons à la cérémonie,
Et ne me quittez pas, monsieur, à l’agonie.
ÉRASTE
(Jn dieu dont le pouvoir sert d’excuse aux amants Saura me disculper de ces emportements.