scène est à CharonnSo
LE BAL
SCiïïE PRSKIÈaS
Me voici dans Gharonne, et voilvà le logis
Où r amour nous conduit : gardons d’ôlre surpris.
Il fait, ma foi, bien chaud ; j’ai bien eu de la peine;
Je suis venu sans boire* Oufî je suis hors d’haleine.
Je risque dans ce lieu bien plus qu’au cabaret.
Monsieur Géronte a l'air d’un petit indiscret;
S’il me voit, ce vieillard m/éconduira peut-être Fort incivilement. D’ailleurs aussi mon maître Est un autre brutal qui n’entend pas raison,
Et veut être introduit ce soir dans la maison.
Entre ces deux écueils, je le donne au plus sage A pouvoir se sauver ici de quelque orage.
Qu’on est fou ! pour un autre aller risquer son dos f Ahl qu’un grand philosophe a dit bien à propos Qu’un bon valet était une pièce bien rare !
On dit que pour la noce ici tout se prépare.
Je veux en tapinois faire la guerre à l’œil.
^ (1) Cette comédie a été représentée et imprimée sous îe titre du Bourgeois de Falaise \ mais, en 1700, M. R-egnard, dans le recueil de ses œuvres, jugea à propos de Tintituleï le Bal,
LB BAL
Déjà la nuit commence à s’habiller de deuil,
Lisette dans ces lieux m’a promis de se rendre.
Pour savoir quel parti mon maître pourra prendre.
Mais j’entrevois quelqu’un,
SGÈNS II
MERLIN ; M. GRASSET, tenant un plat derôt; M,LA MONTAGNE, tenant un panier de bouteilles*
M. GRASSET, à Merlin*
Monsieur, voilà le rôt.
M. LA MONxAGNE, à Merlin.
Monsieur, voilà le vin.
MERLIN
Vous venez à propos.
{A pari.)
Ils me prennent sans doute ici pour Téconome Profitons de l’erreur; faisons le majordome.
M. GRASSET
Voilà douze poulets à la pâle nourris;
Autant de pigeons gras, dont les culs sont farcie*;
Poules de Gaux, pluviers, une demi-douzaine De râles de genêt, six lapin de garenne;
Deux jeunes marcassins, avec quatre faisans;
Le tout est couronné de soixante ortolans;
Et des perdrix, morbleu I d’un fumet admirable.
Sentez plutôt. Quel baume !
MERLIN
Oui, je me donne au diable, Ce îst charmant; et je le garantis