‹ Théâtre de salonChapitre 114 sur 158 · SCÈNE X BAR ALI LR, CHARLOTTE, LÉON D'ORVIGNY · texte numérisé non relu

SCÈNE X BAR ALI LR, CHARLOTTE, LÉON D'ORVIGNY

BARALIER, i Charlotte.

Et que viens-je faire ici, moi ? Conseillez-moi maintenant

CHARLOTTE, i part.

C'est juste. (Haut.) Comment vous ne devinez pus ce que vous venez faire ici

UNE VEUVE IiNCuNSoLABLE. Uo

BARALIER.

Ma foi, non... Quel est cet homme-là?...

Je vous expliquerai cela plus tard ; vous me demandez une pareille chose, vous qui connaissez si bien les femmes •

BÂBALIER , triomphant.

Ah!... oui... j'y suis.

CHARLOTTE

Il est plus heureux que moi, je n'y suis pas.

BARALIER.

Je m'en doutais!... (n serre la mai» de Charlotte.) Je reviendrai quand ce diable de spadassin sera parti... Oh! les veuves !... Je ne vous dirai que deux mots; mais ils sont significatifs... Au revoir...

CHARLOTTE

Au revoir, monsieur Baralier. (saraiier sort «aite.)

LÉON d'oRVIGNY, descendant du fond.

Madame de Saint-Marc ne quittera donc pas son appuitement ?

CHARLOTTE

Une migraine...

LÉON d'oRVIGNY.

Assez, je vous arrête sur ia migraine; n'avez-vous pas de meilleure raison?

CHARLOTTE

Pour excuser l'absence d'une femme, la meilleure raison est toujours celle qu'on ne donne pas.

LÉON d'oEVIGNY.

C'est bien.

CHARLOTTE

Songez seulement, monsieur, que vous êtes oblige, par votre parole, à faire acte de présence ici tous les jours.

LÉON d'oRVIGNY.

Oui, tant que je vivrai.

CHARLOTTE

Cela va sans dire, et vous êtes obligé de vivre aussi.

LÉON d'oRVIGNY.

Charlotte, je vais vous faire une confidence.

CHARLOTTE

Gardez-vous-en bien, je vous trahirais.

LÉON d'oRVIGNY.

C'est justement ce que je veux.

CHARLOTTE

Monsieur, vous n'êtes pas raisonnable; gardez votre confidence, je ne veux pas apprendre ce que je sais déjà.

LÉON d'oRVIGNY.

Dites à madame de Saint...

CHARLOTTE

Monsieur, si vous dites un mot de plus, je vous rends les cinq mille francs de rente que vous m'avez donnés.

Un seul mot. Serai-je plus heureux demain?

CHARLOTTE

A condition que vous serez plus sage aujourd'hui.

LÉON d'oRVIGNY.

A demain donc, (u ?ort.)

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