SCÈNE II HIPPOLYTE, BARALIER, déconcené
Eh! bonjour! serrons- nous la main. J'avais fait un ami jeudi dernier, je l'ai perdu; je vais me battre avec lui ce matin; mon amitié est en disponibilité, je vous la donne, vous l'acceptez, et vous allez me servir de témoin.
BARALIER.
Mon cher monsieur, il m'est impossible de vous servir de témoin dans ce duel.
Ah! mon Dieu!... et pourquoi donc?
BARALIER.
Je suis agronome.
HIPPOLYTE
Ah!
BARALIER.
Et vice-président de la caisse d'épargne.
HIPPOLYTE
Ne pouvez-vous pas donner pour vingt-quatre heures votre démission d'agronoiiie et de président de la caisse d'épargne ?
>25U TIIKATUE IJE SALON.
liAP.ALlER.
Impossible ! Au reste, la question n'est pas là!
niPPOLYTE.
Où est-elle donc, la question? Je vous la ferai pour obtenir une réponse.
BARAI.IER.
Ce n'est pas mon secret, c'est le secret d'un autre.
HIPPOI.YTE.
Raison de plus pour le divulguer.
BARAI.IER.
Il y a une femme en cause.
Voyons! contez-moi cela... Monsieur votre fils a quelque intrigue amoureuse ?
BARALIER.
Je n'ai point de fils.
HIPPOLYTE
Quelque coquin de neveu, façon Molière?
BARALIER.
Je n'ai point de neveu.
HIPPOLYTE
Vous composez tout seul votre famille?
BARALIER.
Oui.
HIPPOLYTK.
C'est beaucoup, pour un seul homme.
BARALIEfl.
Monsieur llippolyte, quel flge avez-vous?
nippor.VTE.
Vingt ans, comme tout le monde.