‹ Théâtre de salonChapitre 136 sur 158 · SCÈNE PREMIÈRE VINCENT, CLOTILDE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE VINCENT, CLOTILDE

(Au lever du rideau, Clotilde prépare un thé à deux tasses sur le guéridon il droite. Vincent entre du fond.)

VINCENT, embrassant Clolilde.

Bonjour, ma petite femme.

CLOTILDE

Bonjour, Vincent... As-lu passé une bonne nuit?

Excellente... Et toi, ma petite femme?

CLOTILDE

Moi, j'ai lu un roman jusqu'à deux heures du matin pour endormir madame de Lucy, et je me suis endormie pardessus le marché.

VINCENT

M. de Lucy, lui, n'a pas besoin d'opium imprimé ; je l'endors en lui parlant.

CLOTJLDE.

Ah ! il faut convenir que voiM deux époux bien originaux. Jeunes tous deux, riches et fraîchement mariés, ils viennent s'établir dans ces deux pavillons, au village de StrafTord, comté de Lancastre ; ils vivent très-bien ensemble tout le jour et se séparent, comme deux divorcés volontaires, après le coucher du soleil.

VINCENT, mystérieusement.

Clotilde, sais-tu bien ce que c'est qu'un secret?

CLOTILDE

Belle question! C'est une chose qu'on dit à tout le monde.

VINCENT

Alors je ne te dirai pas le mien.

Page 1