RODOLPHE, VINCENT
RODOLPHE, après avoir lu la lettre, se retourne, et, n'apercevant plus Lavinia, il pa;!e à droite et appelle :
Vincent, Vincent, approche I
VINCENT
Me voilà...
RODOLPHE
Je vais te donner ce qu'il te faut pour retourner à Paris, !■ selon nos conventions. ,;
îi
VINCENT
Monsieur me donne mon congc?
RODOLPHE
Non... je te fais voyagera mes frais. Ce soir, tu prendras une place à la station, et, demain au soir, tu seras à Paris.
VINCENT
Où je resterai?
RODOLPHE
Si cela te convient. Tu peux aller ensuite où bon te semblera; mais je te défends de remettre les pieds chez moi. Tu es trop maladroit avec la poste restante et les facteurs.
EtClotilde?
RODOLPHE
Madame est fort contente de Clotilde, et nous la gardons.
VINCENT, feignant la sensib lilc.
F,h bien... moi, je suis si dévoué à mon maître, que je ne lequillerai pas; je n'accepte pas mon congé.
RODOLPHE
Point d'insolence, drôle! Nous nesomm.es pas à Paris; nous sommes en Angleterre, pays libre pour les maîtres!
VINCENT, avec myslcre.
Et si j'avais un secret d'où dépendît votre bonheur?
RODOLPHE
Quel secret?...
VINCENT
l'n secret connu de moi seul.
ai(; THEATRE DE SALON.
RODOLPHE
Prends garde, Vincent ! Tu comptes trop sur ma bonté.
VLN'CENT, avec mystère.
Je compte beaucoup sur le service que je vais rendre à mon excellent maître. Vous m'avez donné mon congé, c'est bien; je ne suis plus à votre service; je suis un étranger ; mais, en vous quittant, si je m'aperçois que votre maison s'écroule, mon dernier devoir est de vous avertir. Quand j'aurai parlé, vous retirerez ce congé à un serviteur clairvoyant et fidèle, et vous me remercierez, j'en suis certain.
EODOLPHE, très-agilé.
Quel secret? Voyons, parle.
« VINCENT
Impossible! Révéler uil secret de cette importance tout près d'un pavillon habité par deux femmes n'est pas chose prudente. Les murs ont des oreilles; les fenêtres sont les oreilles des murs : une fenêtre est une oreille ouverte, surtout quand elle est fermée ! Suivez-moi dans le parc.
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