‹ Théâtre de salonChapitre 20 sur 158 · EUNE5T · texte numérisé non relu

EUNE5T

Oui... madame... excusez notre indiscrétion...

d'hEIîBÈS, h part.

Et l'aspect de la campagne...

MADAME DE VALMONT

Comment! monsieur d'Herbes, est-ce ainsi que vous faites votre métier de sentinelle?...

d'hERBÈS, ébahi el préoccupé.

Madame... Et l'aspect de la campagne...

MADAME DE VALMONT

L'aspect de la campagne ne doit pas vous faire oublier votre consigne... Ces messieurs ont entendu la répétition de notre trio italien dans l'Orangerie; et ils l'ont trouvée déplorable, et ils ont raison...

D'hERBÈS, à pari, écrivant.

Ne lui inspire aucun recueillement... (n serre son calepin.)

EDMOND, quiltani le bras dEmesl.

Ah! permettez, madame... Ne nous reprochez pas une inconvenance...

ERNEST

Oh! non...

EDMOND, à Ernest.

Laissez-moi parler...

ERNEST, j pari.

Je ne demande pas mieux.

EDMOND

Mon ami Ernest ne comprend pas l'italien...

ERNEST

Comme tous les habitués de Ventadour.

EDMOND

Et je lui expliquais le sujet de votre trio, VUscUo ardir de Rossini...

ERNEST, (il ril.)

Quel sujet bouffon !

MADAME DE VALMONT, étonnée.

Bouffon ! dites-vous! c'est une tragédie sombre comme la mort.

ERNEST

Excusez-moi, madame, les tragédies me font rire aux larmes. C'est ciiez moi un vice de conformation; il m'a dispensé de la garde nationale.

d'hERBÈS, indigné, à part.

0 Melpomène ! pardonne-lui !

EDMOND

Et mon ami Ernest riait de voir dans ce trio trois personnages héroïques qui tremblent comme trois poltrons.

ERNEST

Trois hommes d'une lâcheté vraiment comique...

EDMOND, coudoyant Eruest.

C'est-à-dire deux hommes et une femme...

ERNEST

Oui, j'appelle cela trois hommes...

EDMOND, à part, i Ernest.

Taisez-vous donc! (Haut.) Et ces trois héros, dont une hé-

roïae, se demandent pendant un quart d'heure ce qu'ils ont fait de leur courage et de leur intrépidité. Il mio vaîor dove! et personne ne leur répond.

MADAME DE VALMONT

En effet, les libretti d'opéra n'en font pas d'autres. Au fond, ce trio est très-comique...

ERNEST

C'est du Molière pur...

MADAME DE VAI.MONT

Il y a une reine qui a assassiné son mari, un ministre qui a assassiné son roi, et un général en chef de leurs armées qui se plaignent en cadence d'être trois poltrons. (Avec feu.) Mais aussi, qu'elle est belle cette plainte! quelle admirable élégie! quelle tristesse subhme ! quelle désolation! Ces notes me brûlent le cœur.

d'herbes, à part.

Tiens ! elle dit qu'elle a un cœur !

EDMOND

Oh! ceci est une autre question. Ernest et moi, nous sommes de votre avis sur la mélodie.

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