SCÈNE V Les Précédents, MADAME DE FONTALBE
MADAME DE FONTALBE.
Que signifie ce bruit?
DÉLIA
C'est 31. de Saint-Blancard, notre voisin, qui vient réclamer son domestique, qui s'est égaré dans les environs.
MAURICE , avec beaucoup de distiuclion.
Madame, veuillez bien m'excuser, je n'ai pas l'habitude du monde; je suis un campagnard studieux, voilà tout.
(il dépose son livre sur une table.) Tout domCStiqUe CUtrC chCZ moi
sous la condition de ne parler à aucun voisin, et de ne se mêler que de mes aflaires. Celui-ci, ce drôle, ce Tony, a manqué à ses engagements... {lony veuisejusiifier.) Tais-toi, maraud, point d'excuses! je te chasse; je vivrai seul.
DÉLIA, à madame de Fontalbe.
Madame, intercédez en faveur de ce pauvre garçon. Voici son crime : il m'a rapporté un journal que j'avais laissé tomber par la fenêtre, chez le voisin.
MADAME DE FONTALBE, bas, à Délia.
Ah! Délia! Déha!
MAURICE, à madame de Fonlalbe,
Madame, voilà un bon exemple que je vous donne. Tout serviteur infidèle mérite un congé immédiat. Dés ce moment, je n'ai plus de domestique. Je suis libre, je suis maître de moi. Je m'appartiens! Adieu, Ville -d'Avray. Adieu, madame. Demain , je vends cette maison, où il m'a
été impossible de trouver le calme et la solitude si nécessaires aux études sérieuses. Je quitte ce village, qui est un faubourg de Paris, et je vais m'ensevelir dans un désert inconnu, où le bruit des voisins et des locomotives n'est pas
encore arrivé. (U sîlue «t sorl en chassant Tonv devant lui.)