SCÈNE IX MADAME DE FONTALBE, MAURICE
MAURICE
Je ne suis pas sorti. Pardon, madame, je n'ai pas trouvé la porte ; je me suis égaré dans l'escalier.
MADAME DE FONTALBE.
Ma maison est bâtie exactement sur le modèle de la vôtre.
MAURICE, feignant, sur ce mol, de s'échauffer tout à coup.
Ah ! madame , au nom du ciel, ne me parlez pas de ma maison !... Une maison que j'ai achetée, il y a un mois et demi, soixante-trois mille francs, dans l'étude de maître Ardisson.
MADAME DE FONTALBE.
C'est mon notaire aussi.
MAURICE
Tiens! comme cela se rencontre!... nous avons le même notaire!... un homme charmant...
MADAME DE FONTALBE.
Je n'ai eu qu'à me louer de lui.
MAURICE
Très-loyal en affaires... 11 m'a vendu trois immeubles à la fin de l'hiver dernier, et, si quelque chose avait pu me consoler de mes malheurs, j'aurais trouve cette consolation en touchant cinq cent trente mille francs quatre-vingt-sept centimes de trois maisons qui ne valaient pas le quart de cette somme lorsque feu mon père les acheta.
MADAME DE FONTALBE.
Monsieur n'a donc pas subi des malheurs de fortune?
MAURICE
Oh ! des malheurs d'argent, ce sont des malheurs heureux! Les miens appartiennent à une autre espèce... ils sont malheureux.
MADAME DE FONTALBE.
Des malheurs politiques?... Monsieur a échoué dans une élection?
MAURICE
Oui, madame... je n'ai pas été élu.