‹ Théâtre de salonChapitre 42 sur 158 · SCÈNE IX MADAME DE FONTALBE, MAURICE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX MADAME DE FONTALBE, MAURICE

MAURICE

Je ne suis pas sorti. Pardon, madame, je n'ai pas trouvé la porte ; je me suis égaré dans l'escalier.

MADAME DE FONTALBE.

Ma maison est bâtie exactement sur le modèle de la vôtre.

MAURICE, feignant, sur ce mol, de s'échauffer tout à coup.

Ah ! madame , au nom du ciel, ne me parlez pas de ma maison !... Une maison que j'ai achetée, il y a un mois et demi, soixante-trois mille francs, dans l'étude de maître Ardisson.

MADAME DE FONTALBE.

C'est mon notaire aussi.

MAURICE

Tiens! comme cela se rencontre!... nous avons le même notaire!... un homme charmant...

MADAME DE FONTALBE.

Je n'ai eu qu'à me louer de lui.

MAURICE

Très-loyal en affaires... 11 m'a vendu trois immeubles à la fin de l'hiver dernier, et, si quelque chose avait pu me consoler de mes malheurs, j'aurais trouve cette consolation en touchant cinq cent trente mille francs quatre-vingt-sept centimes de trois maisons qui ne valaient pas le quart de cette somme lorsque feu mon père les acheta.

MADAME DE FONTALBE.

Monsieur n'a donc pas subi des malheurs de fortune?

MAURICE

Oh ! des malheurs d'argent, ce sont des malheurs heureux! Les miens appartiennent à une autre espèce... ils sont malheureux.

MADAME DE FONTALBE.

Des malheurs politiques?... Monsieur a échoué dans une élection?

MAURICE

Oui, madame... je n'ai pas été élu.

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