‹ Theatre de Schiller;Chapitre 123 sur 335 · CHARLES, LE DUC DE BOURGOGNE, DUNOIS, DU CHATEL · texte numérisé non relu

CHARLES, LE DUC DE BOURGOGNE, DUNOIS, DU CHATEL

et (ie^. SOLDATS arrivent swr la scène,

LK DUC DE BOURGOGNE

Le retranchement est emporté.

DUNOIS

La journée est à nous.

CHARLES, remarquant Talbot.

Voyez , quel est ce guerrier qui dit à la lumière du soleil un contraint et douloureux adieu? Son armure n'indique pas uo vulgaire soldat; allez, élancez-vous à son aide, si les secours peuvent encore être utiles. (Des Soldats de la suUe du Rai s^avancerU vers Talbot.)

FASTOLF.

Arrière ! n'approchez pas ! Respectez dans la mort celui dont vous n'auriez pas désiré d'approcher pendant qu'il vivait.

LE DUC DE BOURGOGNE

Que vois-je ? Talbot baigné dans son sang ! (71 s'avance vers lui, Talbot le regarde d^un œil fixe et meurt.)

VASIOhF.

Arrière , Bourgogne ! Que la vue du traître ne souille pas le dernier regard du héros !

LE DUC DE BOURGOGNE

Terrible Talbot ! homme indomptable ! Te contentes-tu d'un si petit espace? et la vaste terre de France ne pouvait suffire à l'ambition de ton âme de géant !... Ce n'est que de ce moment, sire , que je vous salue roi : la couronne chancelait sur. votre tête , tant qu'un esprit animait ce corps.

CHARLES, après avoir, en silence ^ considéré le mort.

C'est un plus grand que nous qui l'a -vaincu, ce n'est pas nous! Il gtt sur la terre de France, comme le héros sur son bouclier qu'il n'a pas voulu quitter. Emportez-le ! ( Des Soldats lèvent le corps et remportent.) La paix soit avec sa cendre! Je veux qu'on lui élève un honorable monument, et que sa dépouille repose au centre de la France, oii il a terminé sa carrière.

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