‹ Theatre de Schiller;Chapitre 128 sur 335 · SCHILLER. — TU. UI · texte numérisé non relu

SCHILLER. — TU. UI

mon peuple ; le noble Talbot a exhalé sa grande âme dans mes bras.... Je vengerai ce héros ou partagerai son sort. Et pour que tu saches quel est celui qui en ce moment t'apporte la gloire , soit qu'il meure, soit qu'il triomphe.... je suis Lionel, le dernier des chefs de notre armée , et ce bras est encore invaincu. {Il fond sur elle; après un court combat, elle lui fait tom-^ ber Vépée des mains.) Sort perfide! {Il lutte avec elle.) JEANNE le saisit par derrièrey par son panache , et lui arrache violemment son casque, de façon que le visage de ÎÀonel reste découvert. En même temps , de la main droite , eUe lève fèpèe sur lui.

Subis le sort que tu cherchais : la sainte Vierge t'immole par ma main. {A ce moment , elle le regarde au visage ; cette vue la frappe , elle demeure immobile , puis laisse lentement retomber son bras.)

LIONEL

Pourquoi hésites-tu? pourquoi retarder le coup de la mort? Prends donc aussi ma vie, tu m'as pris ma gloire. Je suis en ton pouvoir, je ne veux point de merci. {Elle lui fait signe de la main de s'éloigner.) Tu me dis de fuir? Je te devrais la vie?... Plutôt mourir!

JEANNE , détournant les yeux.

Je veux ignorer que ta vie était en mon pouvoir.

UONEL.

Je 4e hais, toi et le don que tu me fais.... Je ne veux pas de merci.... Tue ton ennemi, qui t'abhorre, qui voulait te tuer.

Tue-moi.... et fuis!

LIONEL

Ah! qu'est-ce que cela?

JEANNE se cache le visage.

Malheur à moi !

LIONEL s'approche délie.

Tu immoles, dit-on, tous les Anglais qui sont vaincus par toi dans le combat.... Pourquoi n'épargner que moi? JEANNE, par un mouvement rapide^ lève sur lui son épée^ mais^

le regardant au visage^ elle la laisse promptement retomber. Sainte Vierge l

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