ACTE V, SCÈNE IV
ma coDditioD , ce n'est point là un malheur. Je suis bannie et Tugilive, mais dans la solitude j'ai pu me reconnaître. C'est quand l'éclat de la gloire m'entourait qu'il y avait lutte dans moD sein ; quand je paraissais au monde le p]us digne d'envie , que j'étais le plus malheureuse.... Maintenant je suis guérie, et cet orage dans la nature , qui la menaçait de sa fin , m'était propice : il a purifié le monde et moi. La paix est dans mon cœur.,.. Advienne que pourra ! Je ne sens plus en moi nulle faiblesse !
HAIMOND.
Oh! venez, venez, hâtons-nous de révéler bien haut votre iDDOcence à tout l'univers.
JEANNE
Celui qui a envoyé cette confusion saura la dissiper. Le fruit du destin ne tombe que lorsqu'il est mûr. Il viendra un jour qui me justifiera , et ceux qui maintenant m'ont rejelée et condamnée reconnaîtront leur erreur, et des larmes couleront sur mon
sort.
aUHOMD.
Vous voulez que j'endure en silence , jusqu'à ce que le hasard....
JEANNE , le prenant doucement par la main.
Tu ne vois que l'ordre naturel des choses , car le bandeau terrestre voile tes regards. Moi , j'ai vu de mes yeux les choses immortelles.... Sans la volonté des puissances célestes, il ne tombe pas un cheveu de la tête de l'homme.... Vois-tu là-bas le soleil descendre à l'horizon?... Aussi vrai que demain il reparaîtra dans sa clarté , aussi vrai viendra inévitablement le jour de la vérité!
Malhi
apa-çoU
ISABEAU
Eh bien , pourquoi la troupe s'arrète-t-elle î
LES SOLDATS
Que Dieu nous assiste !
ISABEAU
Est-ce un spectre qui vous effraye ? Êtes-voua des soldats ! Non, vous êtes des poltrons!... CommenXt { Elle te pousse à Irovers tes Soldais , s'avaiue, puis bondil m arrière à la vue delaPucetle. ) Que vols-je f Ah ! {Bientét elle se domine, et marche aurdevanl d'elle.) Rends-toi! tu es ma prisonnière!
JEANNE
Je le suis ! ( Baimond s'enfuil en donnant des marques de disespoir. )
ISABEAU, aux Soldais.
Enchatnez-la! {Les Soldats s'approchent timidement de la Puctlli; elle tend les bras et on l'enchaîne. ) Est<e là cette guerrière puissante, redoutée, qui faisait fuir vos bataillons comme des agneaux , qui maintenant ne peut se protéger elle-même? Ne fait-elle ses miracles que devant qui a la foi , et devient-elle femme dès qu'un homme la rencontre? {A la Pucelle.) Pourquoi as-tu quitté ton armée? Où est le comte Danois, ton chevalier et ton protecteur î
JEANNE
Je suis bannie.
ISABEAU recule étonnée.
Quoi ? comment ? Tu es bannie ? bannie par le dauphin î
Ne m'interroge pas ! Je suis en ton pouvoir , ordonne de mon sort.
ISABEAU
eims, iel Je Irez à
, malàche