‹ Theatre de Schiller;Chapitre 166 sur 335 · ISABEAU , JEANNE , DES SOLDATS · texte numérisé non relu

ISABEAU , JEANNE , DES SOLDATS

JEANNE

Je le ferai assurément! Personne ne m'en empêchera.... Ëcoutez! C'est la marche guerrière de mon peuple. Conmie elle résonne ardemment dans mon cœur et m'annonce la victoire ! Ruine à l'Angleterre! Victoire aux Français! En avant, mes braves ! en avant ! La Pucelle est près de vous ; elle ne peut , comme autrefois, porter devant vous sa bannière.... de lourdes chaînes l'arrêtent, mais de son cachot son âme s'élance, libre, sur les ailes de vos chants de guerre.

ISABEAU, à tm Soldat.

Honte à ce poste d'où la vue s'étend suf la campagne , et dis-moi comment tourne la bataille. (Le Soldat monte.)

JEANNE

Courage , courage , mon peuple ! C'est le dernier combat ! Encore cette seule victoire, et l'ennemi est abattu 1

ISABEAU

Que vois-tu?

LE SOLDAT

Déjà ils sont aux prises. Un furieux, sur un cheval barbe, avec une peau de tigre , s'élance en avant à la tète des gendarmes.

JEANNE

C'est le comte Dunois ! Courage , vaillant guerrier! La victoire est avec toi !

LE SOLDAT

Le Bourguignon attaque le pont.

ISABEAU

Que dix lances s'enfoncent dans le cœur perfide de ce traître !

LE SOLDAT

Lord Fastolf fait une vigoureuse résistance. Les gens du duc et les nôtres mettent pied à terre et combattent corps à corps.

ISABEAU

Ne vois-tu pas le dauphin ? Ne reconnais-tu pas les insignes royaux î

LE SOLDAT

Tout est confondu dans la poussière ; je ne puis rien distinguer.

JEANNE

S'il avait mes yeux, ou si j'étais là-haut, le moindre objet n'échapperait point à mon regard. Je puis compter les perdrix dans leur vol , je reconnais le faucon au plus haut des airs.

LE SOLDAT

Près du fossé , il y a une mêlée terrible. Il paraît que les plus grands , les premiers, combattent en cet endroit.

ISABEAU

Notre drapeau flotte-t-il encore î

LE SOLDAT

Il flotte haut toujours.

JEANNE

Si je pouvais voir seulement par une fente de la muraille , je voudrais de mon regard diriger la bataille.

LE SOLDAT

Malheur à moi! Que vois-je? Notre général est entouré.

ISABEAU lève k poignard sur Jeanne, Meurs , malheureuse !

LE SOLDAT, rapidement.

n est délivré ! Le vaillant Fastolf prend l'ennemi par derrière.... (1 pénètre dans ses plus épais bataillons.

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