‹ Theatre de Schiller;Chapitre 167 sur 335 · ACTE V, SCÈNE XI. 2(i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XI. 2(i

ISABEAU r«ttr« le poignard.

Cest ton bon ange qui a dit cela.

LE SOLDAT

Victoire! victoire ! Hs fUient.

ISABIAtr.

Qui fuit?

LE SOLDAT

Les Français , les Bourguigaons fuient. La campagne est cou- Terte de fuyards,

JEANNE

Dieu! Dieul Tu ne me délaisseras pas à ce point!

LE SOLDAT

On conduit U-bas un homme grièvement blessé. Une foule de gens s'élancent à son secours; c'est un chef.

ISABEAD.

Des nôtres ou des Français î

LE SOLDAT

Us détachent son casque ; c'est le comte Dunois,

JEANNE saisit ses fers avec un effort eonvuisîf. Et je ne suis qu'une femme enchaînée!

LS SOLDAT

Voyez t Attention! Qui porte ce manteau bleu de ciel, garni d'or!

JEANNE, vivement.

C'est mon maître , c'est le roi !

LE SOLDAT

Son cheval s'effarouche.... se cabre.... tombe.... il se dégage avec de pénibles efforts..., {Jeanne accompagne ces paroles de mouvements passionnés.) Les nôtres approchent déjà à toute bride.... ils l'ont atteint.... l'enveloppent....

Oh! le ciel n'i

Le moment e: , sauve-les !

JEANNE se jette à genoux, et prie d'une voix violemment animée.

Écoule-moi , mon Dieu , dans ma suprême détresse ! C'est là-

248 LA PUGELLE D*ORLÉÂNS.

haut, vers toi, avec les vœux les plus ardents « c'est vers tes cieux que mon âme s'élance. Tu peux donner aux fils d'un tissu d*araignée la force des câbles d'un navire ; il est facile à ta toute-puissance de changer des liens d'airain en léger tissu d'araignée.... Tu n'as qu'à vouloir, et ces chatnes tombent, et les murailles de la tour se fendent.... Tu as secouru Samson, quand il était aveugle et enchatné, et qu'il endurait l'amère raillerie de ses ennemis superbes.... Mettant sa confiance en toi, il saisit puissanunent les piliers de sa prisop, se courba et renversa l'édifice....

LS SOLDAT

Triomphe! triomphe!

Qu'est-ce ?

ISABEAU

LE SOLDAT

Le roi est pris!

JEANNE, bondit.

Que Dieu me soit propice! {Elle a, des deux mains ^ saisi ses chaînes avec viguewr^ et les a brisées. Au mtme moment , eUe s'élance sur le Soldat qui est le plus près cFeUe^ lui arrache son épie^ et se précipite dehors. Tous la suivent des yeux^ avec une mucUe stupeur.)

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