‹ Theatre de Schiller;Chapitre 2 sur 335 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

H ANNA KENNEDY, nourrice de la reine d Ecosse^ en vive con^ (estation avec PAULET^ qui travaille à ouvrir une armoire; DRUGEON DRURY^ son auxiliaire, avec des instruments d'ef" fraction,

KENNEDY

Que faites-vous y sir? Quelle nouvelle audace? Retirez-vous de cette armoire!

PAULET

D'où est venue cette parure? Elle a été jetée de l'étage supérieur* On avait l'intention de séduire le jardinier avec cette pai^ire.... Maudite soit la ruse des fenunes! Malgré ma surveillance, mes sévères recherches, encore des objets de prix, encore des trésors cachés! {Se mettant à fouiller V armoire.) Où ceci était caché, il doit encore se trouver autre chose.

KENNEDY

Arrière, audacieux! Là sont renfermés les secrets de milady.

PAULET

C'est précisément là ce que je cherche. (// tire des écrits.)

KENNEDY

Des papiers insignifiants, de simples exercices de plume^ pour abréger les tristes loisirs de la prison.

C'est dans les heures oisives que travaille le malin esprit.

KENNEDY

Ce sont des écrits français.

PAULET

Tant pis! C'est la langue que parle l'ennemi de l'Angleterre.

KENNEDY

Des minutes de lettres à la reine d'Angleterre.

PAULET

Je les livrerai.... Vois! qiVest-ce qui brille ici? {Il a ouvert un ressort secret et tire des bijoux d!un tiroir caché,) Un bandeau royal, enrichi de pierreries, semé des lis de France! {Il le donne à son compagnon.) Serrez-le, Drury; mettez-le avec le reste. (Dn/ri/ sort.)

KENNEDY

Oh! violence outrageante qu'il nous faut subir!

PAULET

Tant qu'elle a quelque chose, elle peut nuire; car tout devient une arme dans ses mains.

KENNEDY

Soyez bon, sir! n'enlevez pas la dernière parure de notre vie! La vue de son ancienne magnificence réjouit l'infortunée; car vous nous avez arraché tout le reste.

PAULET

' C'est en bonnes mains. Ce sera consciencieusement restitué en son temps.

Qui reconnaîtrait à ces murs nus l'habitation d'une reine? Où est le dais au-dessus de son siège? .Ne faut-il pas qu'elle pose sur un sol rude et grossier son pied délicat, aux molles habitudes? On sert sur sa table un vil étain, que dédaignerait la plus humble femme de gentilhomme.

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