ACTE I, SCÈNE II
GERTRUDE
Si je savais mon cœur enchaîné à un bien passager, j'y mettrais le feu de ma propre main;
STAUFFACHER
' Tu croîs à l'humanité : la guerre n'épargne pas même le tendre enfant au berceau.
GERTRUDE
L'innocence a un ami dans le ciel.... Regarde devant toi, Wemer, et non derrière.
STAUFFACHER
Nous autres hommes, nous pouvons mourir en combattant vaillamment : mais quel destin sera lé vôtre ?
GERTRUDE
Le plus faible demeure toujours le dernier arbitre de son sort : un saut du haut de ce pont suffit à m'afifranchir.
STAUFFACHER sô jette dans ses bras.
Celui qui presse un tel cœur sur sa poitrine, celui-là peut combattre avec joie pour sa demeure et son foyer, et ne redoute les armées d'aucun roi.... Je vais de ce pas m'embarquer pour Uri : j'ai là un ami , un hôte, Walther Pùrst , qui pense comme moi du temps présent. J'y trouverai aussi le noble banneret d'Attinghausen.... Bien qu'il soit d'une haute naissance, il aime le peuple et honore les anciennes mœurs. Je tiendrai conseil avec eux sur les moyens de nous mettre bravement en garde centrales ennemis du pays.... Adieu! Pendant que je serai loin, gouverne sagement la maison.... Donne généreusement au pèlerin qui va visiter la maison de Dieu, au moine pieux qui quête pour son couvent, et ne les congédie qu'après les avoir bien traités. La maison de StaufTacher ne se cache pas. Elle est là bien en vue sur le grand chemin, comme un toit hospitalier pour tous les voyageurs qui passent par ici. {Pendant qu'ils se retirent vers le fond de la scène , Guillaume Tell s* avance sur le devant avec Baumgarten. )
TELL, à Baumgarten.
Vous n'avez plus besoin de moi maintenant. Entrez dans cette maison : c'est là que demeure StaufTacher , le père des opprimés. Mais, tenez, le voici lui-même.... Suivez-moi, venez.
(Ils vont vers lui; la scène change.)