‹ Theatre de Schiller;Chapitre 219 sur 335 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Le noble manoir du baron d'Attinghausen. — Une salle gothique,

ornée d'ôcussons et de casques.

Le BARON D'ATTINGHAUSEN, vieUlard de quatre^ngtrdnq ans, de noble et haute staMi/re , appuyé sur un bdton surmonté dune corne de chamois, et vêtu d^ un pourpoint de fourrure; RUONI et six autres serviteurs se tiennent debout autour de lui , avec des râteaux et des faux; ULRICH DE RUDENZ entre ^ en costume de chevalier.

RUDENZ.

Me voici, mon oncle.... Que voulez-vous de moi?

ATTINGHAUSEN.

Permettez que, d'après l'ancienne coutume de la maison, je boive avec mes serviteurs le coup du matin. {Il boit dans une coupe qui passe ensuite à la ronde.) Jadis j'allais moi-même avec eux dans les champs et la forêt, dirigeant de mes yeux leurs travaux, de même que ma bannière les conduisait dans le combat; maintenant je ne peux plus faire que l'office d'intendant, et si la chaleur du soleil ne vient pas à moi, je ne puis plus l'aUer chercher sur les montagnes. Ainsi renfermé dans un cercle chaque jour plus étroit, je m'approche lentement du plus étroit de tous, de ce dernier point où la vie s'arrête. Je ne suis déjà plus que l'ombre de moi-même, et bientôt il ne restera de moi que mon nom.

KUONi, la coupe à la main, à Rudenz.

Je bois à vous, jeune maître. {Rudenz hésite à prendre la coupe.) Buvez hardiment. Ça sort d'une coupe et d'un cœur.

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