‹ Theatre de Schiller;Chapitre 218 sur 335 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

WALTHER FURST

Non , nous ne pouvons pas conduire notre entreprise aussi ouvertement.... Écoutez mon avis. A gauche du lac, quand on va par eau à Brunnen, juste en face du Mythenstein, il y a une prairie cachée dans les bois : le peuple des bergers la nomme le RùtlV, parce qu'on y a extirpé les arbres, (il Mekhthal.) {y est la limite de votre canton et du nôtre. Et vous {àStauffâcher), une barque légère vous y conduit en peu d'instants de Schwytz. Nous pouvons venir là, de nuit, par des sentiers déserts , et délibérer en secret. Que chacun y amène dix hommes sûrs qui soient de cœur avec nous. Nous pourrons traiter en conunun de nos communs intérêts et prendre, avec l'aide de Dieu, une prompte résolution.

STAUFFACHER

Qu'il en soit ainsi. Maintenant tendez-moi votre loyale main, et vous la vôtre; et, de même qu'en ce moment nous sommes ici trois hommes qui entrelaçons nos mains, loyalement et sans fraude, de même il faudra que nos trois cantons soient unis pour l'attaque et la défense, à la vie et à la mort.

WALTHER FURST et HELCHTHAL.

A la vie et à la mort. {Ils demeurent quelques instants les mains entrelacées et en silence. )

MELCHTHAL.

Mon vieux père aveugle, tu ne pourras plus contempler le jour de la liberté, mais il faut que tu l'entendes.... Quand d'une Alpe à l'autre les signaux de feu élèveront leurs flammes, quand les châteaux forts des tyrans crouleront, alors les Suisses accourront dans ta cabane, pour porter à ton oreille la joyeuse nouvelle, et un jour brillant éclairera ta nuit. {Ils se séparent,)

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