‹ Theatre de Schiller;Chapitre 232 sur 335 · JOST DE WEILER · texte numérisé non relu

JOST DE WEILER

Je paye une redevance aux seigneurs de Happersweil.

V^ALTHER FURST.

Vous continuerez à payer redevance et tribut.

RÔSSELUANN.

Je suis engagé par serment envers la grande abbesse de Zu-> rich.

WALTHER FURST

Vous donnerez au couvent ce qui est au couvent.

STAUFFACHER

Je n'ai de fief que de l'empire.

WALTHER FÛRST.

'Que ce qui doit se faire se fasse, mais rien au delà. Chassons les baillis et leurs gens , forçons leurs citadelles ; mais, si faire se peut y sans verser de sang. Montrons à l'empereur que la nécessité seule a pu nous contraindre à violer le pieux devoirdu respect , et, s'il nous voit rester dans la limite de nos droits , peut-être , par ime sage politique , triomphera-t-il de sa colère : car un peuple qui, le glaive à la main , se modère, éveille une juste crainte.

REDING

Mais il faut délibérer sur les moyens d^exécution. Notre en-

nemi a les armes à la main , et bien certainement il ne cédera pas sans combat.

STÂUFFACHER.

Il cédera s*il nous voit en armes. Nous le surprendrons, avant qu'il se mette en défense.

C'est bientôt dit , mais difficile à faire. La contrée est dominée par deux forteresses qui protègent l'ennemi et deviendraient redoutables si le roi faisait irruption d%ins le pays. Il faut d'abord qu'on force Rossberg et Sarnen , avant de tirer un seul glaive dans les trois cantons.

STAUFFACHER

Si l'on tarde si longtemps, l'ennemi sera averti ; il y a trop de gens dans le secret.

MEIER.

Dans les cantons de la forêt il n'y a pas de traître.

RÔSSELBfANN.

Le zèle , même le plus pur , peut trahir.

WALTHER FURST

Si l'on diffère , le château d'Altorf s'aclièvera et le bailli s'y fortifiera.

BIEIER.

Vous pensez à vous.

LE SACRISTAIN

Et vous , vous êtes injustes.

MEiERy s'emportant.

" Nous, injustes! Uri ose nous faire ce reproche!

REDING

Par votre serment , silence !

-Oui , s: Schwytz s*entend avec Uri, il faut bien que nous nous taisions*

tlEDING.

Il faut qtie je vous rappelle à l'ordre devant l'assemblée, pour troubler ainsi la paix par votre Violence. Ne somi^es-nous pas tous unis pour la même cause ?

V^INKELRIED.

Si nous attendons jusqu'à la fête de Noël, c'est la coutume, ce

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