‹ Theatre de Schiller;Chapitre 238 sur 335 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Une prairie près d*Altorf. — Sur le devant, des arbres; au fond, le chapeau sur une perche. La vue est bornée par le Banuberg, que domine une chaîne couverte de neige.

FRIESSHARDT et LEUTHOLD montent la garde.

FRIESSHARDT,

C'est en vain que nous veillons. Personne ne veut approcher ni faire sa révérence au chapeau. Pourtant c'était ici d'ordinaire comme une foire; à présent toute la prairie est comme déserte, depuis que cet épouvantail est suspendu au bout de la perche.

LEUTHOLD.

Il n'y a que de la canaille qui se laisse voir et vienne agiter ici , pour nous narguer , des bonnets déguenillés ; mais tous les honnêtes gens aiment mieux allonger leur chemin , en faisant le tour de la moitié du bourg , que de courber le dos devant le chapeau.

FRIESSHARDT.

n faut qu'ils passent sur cette place quand ils sortent de la maison commune , à midi. Je croyais déjà faire une bonne capture , car aucun ne songeait à saluer le chapeau ; mais voilà le curé Rôsselmann qui s'en aperçoit.... il venait, précisément de chez un malade.... et qui se place, avec le saint sacrement, juste au pied de la perche.... Le sacristain nécessairement

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