WALTHER TELL
Me lier! non, je ne veux pas être lié. Je me tiendrai tranquille comme un agneau, je ne soufflerai même pas. Si vous me liez, je ne le pourrai pas; je me débattrai contre mes liens.
RODOLPHE LE HARRAS.
Laisse-toi seulement bander les yeux, mon enfant.
WALTHER
Pourquoi le* yeux ? Pensez- vous que j'aie peur d'une flèche qui part de la main de mon père? Je l'attendrai bravement et sans sourciller.... Courage ^ mon père, montre-lui que tu es un archer. Il ne le croit pas et pense nous perdre.... Au grand dépit de ce méchant, tire et atteins* {Il va au tillml, an lui place la pomme sur la tête.)
MELCHTHAL « aux Montagnards.
Quoi ? Ce crime doit-il s'accomplir sous nos yeux? Pourquoi donc avons-nous juré ?
STAUFFACHER
Nous ne pouvons rien. Nous n'avons pas d'armes^ et vous voyez la forêt de lances qui nous entoure.
MELCHTHAL.
Oh! si nous avions sur-le-champ accompli notre dessein! Que Dieu pardonne à ceux qui ont conseillé le retard!
GESSLER, à Tell.
A l'œuvre! Ce n'est pas en vain que l'on porte des armes. H est dangereux de manier un instrument de mort, et la flèche revient frapper celui qui la tire. Ce droit orgueilleux que le paysan s'arroge offense le souverain seigneur du pays. Personne ne doit être armé que celui qui commande. S'il vous plaît de manier la flèche et l'arc, eh bien! c'est moi qui vous marquerai le but.
TELL tend son arbalèts et y place la flèche.
Ouvrez la haie ! place !
STAUFFACHER
Quoi, Tell? vous voudriez.... Non, jamais.... Vous frissonnez.... Votre main tremble, vos genoux chancellent
TELL laisse tomber Varhdlctt, J'ai un nuage devant les yeux.