‹ Theatre de Schiller;Chapitre 249 sur 335 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

WALTHER TELL , SOUS lô tUleul.

Père, tire! Je n'ai pas peur.

TELL

Il le faut. (// se domine par un puissant effort et couche en joue.)

RUDENZ s*avance. Il a été, pendant tout ce temps ^ dans un état de violente excitation , ne se contenant qu'à grand'peine.

Seigneur bailli, vous ne pousserez pas la chose plus loin. Non, vous ne le ferez pas.... Ce n'était qu'une épreuve.... Vous êtes arrivé à vos Gns.... La rigueur, poussée au delà des bornes, manque le but que la sagesse lui fixe , et l'arc , par trop tendu , éclate et se brise.

GESSLER

Vous attendrez pour parler qu'on vous interpelle.

RUDENZ.

Je veux parler. J'en ai le droit. L'honneur du roi m'est sacré; mais l'autorité exercée de la sorte ne peut enfanter que la haine. Ce n'est pas là la volonté du roi.... je puis bien l'affirmer.... Mon peuple ne mérite pas une telle cruauté ; vous n'avez pas de pouvoirs pour cela....

GESSLER

Ah ! vous vous enhardissez!

RUDENZ.

Je me suis tu sur tous les actes excessifs dont j'ai été témoin; je me suis fait volontairement aveugle. Mon cœur qui se soulevait et débordait ,. je l'ai refoulé dans mon sein. Mais me taire plus longtemps , ce serait trahir à la fois ma patrie et l'empereur.

BEHTHA se jette entre lui et le BaillL

0 Dieu! vous irritez encore plus ce furieux.

RUDENZ.

J'ai abandonné mon peuple , j'ai renoncé à ma famille , j'ai rompu tous les liens de la nature, pour m'attacher à vous.... Je croyais assurer le bien de tous en affermissant la puissance de l'empereur.... Le bandeau tombe de mes yeux. Je me vois, en frissonnant, conduit au bord d'un abime.... Vous avez égaré mon libre jugement, séduit mon cœur loyal.... Avec la meilleure intention , je travaillais à la ruine de mon peuple.

6ESSLER

Téméraire , un tel langage à ton seigneur ?

RUDENZ.

L'empereur est mon seigneur, et non pas vous.... Je suis né libre comme vous ; je puis me mesurer avec vous pour tout ce qui fait le chevalier , et si vous n'étiez pas ici au nom de l'empereur , que je révère , là même où on l'outrage , je vous jetterais ici le gant, et vous auriez à me rendre raison selon les lois de la chevalerie.... Oui , vous n'avez qu'à faire signe à vos hommes d'armes.... Je ne suis pas ici sans défense, comme ceuxci.... {Il montre h peuple,) J'ai une épée, et, si quelqu'un m'approche....

STAUFFACHER Cfie.

La pomme est tombée. {PendarU que totu le monde s* était tourné du calé de Rudenz et du BaUli^ et que Bertha s'était jetée entre eux , Tdl a fait partir la flèche. )

RÔSSELMANIV.

L'enfant vit.

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