‹ Theatre de Schiller;Chapitre 253 sur 335 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

La rive orientale du lac des Quatre-Cantons. — La?ue est bornée par les rocliers escarpés, de forme étrange, qui sont à l'ouest. Le lac est agité, les Yagues mugissent avec fracas, et à leur tumulte se mêlent des coups de tonnerre et des éclairs.

KUNZ DE GERS AU, UN PÊCHEUR et SON FILS.

KITNZ.

Je Tai vu de mes yeux , vous pouvez m'en croire. Tout s'est passé comme je vous le disais.

LE PÊCHEUR

Tell emmené prisonnier à Kùssnacht, le plus brave homme du pays, le bras le plus vaillant^ si un jour il fallait combattre pour la liberté !

KUNZ.

Le bailli l'emmène lui-même par delà le lac. Ils s'embarquaient juste au moment où je quittais la rive de Flûelen; mais il est possible que l'orage qui éclate en ce moment, et qui m'a forcé moi-même d'aborder ici en toute hâte, ait retardé leur départ.

LE PÊCHEUR

Tell dans les fers, au pouvoir du bailli ! Oh! croyez-moi, il l'enterrera dans un cachot si profond qu'il ne reverra plus la lumière du jour; car il doit redouter la juste vengeance d'un homme libre, cruellement provoqué.

KUNZ.

On dit aussi que l'ancien landammann , le noble seigneur d'Attinghausen , est au lit de la mort.

LE PÊCHEUR

Dans ce cas, notre dernière ancre de salut est brisée. C'était

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