‹ Theatre de Schiller;Chapitre 27 sur 335 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Ire peuple. C'est maintenant que nous commençons à jouir

ment des jours fortunés que vous nous donnez; car nous ne

yons plus devant nous , en tremblant , un avenir plein d'ora-

. Une seule inquiétude tourmente encore ce pays; il est un

sacrifice que toutes les voix réclament. Accomplissez encore ce

, et ce jour aura fondé à jamais le bonheur de l'Angleterre.

ELISABETH

e désire encore mon peuple? Parlez, milord.

BC7BLEIGH.

eifliande la tète de la Stuart.... Si vous voulez assurer à peuple le don précieux de.la liberté , la lumière si chèrent acquise de la vérité , il faut qu'elle ne soit plus de ce monde.... Si nous ne devons pas trembler éternellement gour votre vie précieuse, il faut que votre ennemie périsse.... Vous savez, tous les Anglais, vos sujets, n'ont pas la même croyance ; Tidolâtrie romaine compte encore dans cette lie beaucoup d'adorateurs secrets. Ils nourrissent tous des pensées hostiles ; c'est ^yers cette Stuart que leur cœur se tourne ; ils sont ligués avec ^P|i frères lorrains , ces ennemis irréconciliables de votre nom.

* parti furieux vous a juré une guerre acharnée , une guerre xtermination , telle qu'on la fait avec les fausses armes del'enfer. C'est à Reims, au siège épiscopal du cardinal-archevêque, qu*est l'arsenal oix ils forgent leurs foudres : là, on enseigne le régicide.... de là, ils envoient sans relâche leurs missions dans votre lie : des fanatiques résolus , cachés sous tous les déguisements.... de là, sont déjà sortis trois meurtriers, et ce gouffre inépuisable enfante sans cesse et sans fin de nouveaux ennemis secrets.... Et c'est dans le château de Fotheringhay qu'habite la Furie de cette guerre éternelle, la Furie qui embrase ce'royaume . -avec la torche de l'Amour. Pour elle, car elle donne à chacun de i flatteuses espérances, la jeunesse se dévoue à une mort assurée... . La délivrer est le mot d'ordre ; la placer sur votre trône est le but; car cette race des Lorrains ne reconnaît pas votre droit sacré; vous n'êtes pour eux qu'une usurpatrice du trône, couronnée par la fortune. Ce sont eux qui ont entraîné cette insensée à prendre le titre de reine d'Angleterre. Point de paix possible avec elle et sa famille! Il faut que vous receviez ou frappiez le coup. Sa vie est votre mort; sa mort, votre vie!

ÉUSABETH.

Milord, vous remplissez un triste office. Je connais le pur mobile de votre zèle; je sais qu'une sagesse parfaite parle votre bouche ; mais cette sagesse qui veut du sang, je la haH' fond de mon âme. Trouvez un conseil plus doux.... Noble lord de Shrewsbury! dites-nous votre opinion.

TALBOT

Vous avez donné de justes louanges au zèle qui anime le C|j^|l fidèle de Burleigh.... Un cœur non moins fidèle, bien q\ie40tHf bouche ne coulent point d'aussi éloquents discours, batHanypa poitrine. Puissiez-vous, reine, vivre longtemps encore, pourîîre.. la joie de votre peuple, pour continuer à ce royaume le bonheœp. de la paix! Jamais cette lie n'a vu d'aussi beaux jours depuis* "^ qu'elle est gouvernée par ses propres rois. Puisse-t-elle ne pas payer scn bonheur de sa gloire ! Puissent du moins les yeux de Talbot se fermer avant que cela arrive!.

ELISABETH

Dieu nous préserve de souiller cette gloire

TALBOT

Alors vous chercherez un autre moyen de sauver cet empire. . . . car l'exécution de la Stuart est un moyen injuste. Vous ne pouvez prononcer la sentence de celle qui n'est pas votre sujette.

ELISABETH

Ainsi , mon conseil d'État et mon parlement se trompent , toutes les cours de justice de ce royaume sont dans l'erreur, lorsque, unanimement, elles me reconnaissent ce droit....

TALBOT

La pluralité des voix n'est pas la preuve du droit; l'Angleterre n'est pas le monde ; votre parlement n'est pas l'assemblée des races humaines. L'Angleterre d'aujourd'hui n'est pas TAngteterre future, de même qu'elle n'est plus celle d'autrefois.... Se-* Ion que le penchant public prend une autre direction, le flot-, changeant de l'opinion monte et retombe. Ne dites pas qu'il vous faut obéir à la nécessité et aux instances de votre peuple. Dès que vous le voudrez , vous pourrez vous assurer à chaque instant que votre volonté est libre. Essayez! Déclarez que vous avez horreur du sang, que vous voulez voir sauvée la vie de votre sœur. Montrez en toute sincérité, à ceux qui veulent vous

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