‹ Theatre de Schiller;Chapitre 26 sur 335 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

es pour avoir ouvert les clottres et rendu aux devoirs de la re des milliers de victimes immolées à une dévotion mal tendue. Mais une reine qui ne consume pas inutilement ses urs dans une oisive contemplation, quif sans relâche, toujours infatigable , exerce le plus pénible de tous les devoirs , une telle reine devrait être exempte de cette loi de la nature ui soumet une moitié de la race humaine à l'autre moitié....

l'aubespine.

^ JAine , vous avez glorifié sur votre trône toutes les vertus ; il ous reste plus qu*à briller encore aux yeux du sexe dont s êtes la gloire , comme un modèle des devoirs qui surtout i sont propres. Sans doute il ne vit pas un seul homme en ce monde qui mérite que vous lui sacrifiiez votre liberté : toutefois, si la naissance , si la grandeur , la vertu héroïque , la beauté virile rendent un mortel digne de cet honneur....

ELISABETH

Nul doute, monsieur Tambassadeur, qu'une alliance conjugale avec un royal fils de France ne m'honore. Oui, je l'avoue détour, s'il le faut.... si je ne puis faire autrement que de aux instances de mon peuple.... et elles seront plus fortes moi, je le crains.... en ce cas, je ne connais aucun prince en Europe à qui je fisse avec moins de regret le sacrifice de mon plus précieux trésor , de ma liberté. Que cet aveu vous suffise.

BELLièVRE. .

C'est le plus bel espoir, mais ce n'est qu'un espoir, et mon maître souhaite davantage....

ELISABETH

Que souhaite-t-il ? (Elle tire une bague de son doigt et la re- [jarde d'un air pensif. ) Une reine , en vérité , n'a nulle prérogative sur une simple bourgeoise ! Le même signe indique le même devoir et la même servitude.... l'anneau fait les mariages, et ce sont des anneaux qui forment les chaînes.... Portez ce présent à Son Altesse.... Ce n'est pas encore une chaîne, une chaîne qui me lie ; mais de là peut se former un lien qui m'attache.

BELUÂVRE s'agenouille pour recevoir Fanneau.

En son nom , grande reine , je reçois à genoux ce présent , et je dépose le baiser d'hommage sur la main de ma princesse.

ELISABETH, GU comte Leicester, qu'elle a regardé fixemetU J en prononçant ses dernières paroles.

Permettez, mîlord! {Elle lui prend le cordon bleu^ qu'elle pas au cou de fieZ/ièvrc.) Revêtez Son Altesse de cet ornement, comn je vous en revêts ici et vous admets aux devoirs de mon ordre. Honni soit qui mal y pense^l... Que tout soupçon disparaisse entre les deux nations, et que les liens de la confiance unissent dés mais les couronnes de France et d'Angleterre !

l'aubespine.

Auguste reine, ce jour est un jour d'allégresse: Puissto-il Têtre pour tous, et plût à Dieu .que nul cœur souffrant ne géfldl dans cette île! La clémence brille sur votre visage.* Oh! pui^^ un rayon de cette lumière sereine tomber sur une malheureuse princesse qui touche de près la France à la fois et l'Angleterre!

N'allez pas plus loin, comte. Ne mêlons pas deux affaires absolument distinctes. Si la France désire sérieusement mon alliance, elle doit aussi partager mes soucis, et n'être pas l'amie de mes ennemis. ... - • '^tf

l'aubespine.

A vos propres yeux, elle agirait indignement si elle oubliait, dans cette alliance, une infortunée, sa coreligionnaire, la veuve de son roi.... L'honneur même, l'humanité exigent....

ELISABETH

En ce sens, je sais apprécier son intercession comme il convient. La France remplit un devoir d'amitié; il me sera permis, à moi, d'agir en reine. {EUe salue les Seigneurs français^ qui se retirent respectueusement avec les Lords, )

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