ACTE V, 8GÊNB
sceptre, si l'on en croit le bruit public , va passer de la maison de Habsbourg à une autre race. L'empire veut hiaintenir sa liberté d'élection.
WALTRBR fOrST et PLUSIEURS AUTRES.
Avee-vous appris quelque chose T i
STAUrFAGHER.
Le comte de Luxembourg est déjà désigné par la plupart des. voix.
WALTHER FÛRST.
Grâce à Dieu, nous sommes demeurés Udèles à Tempire. Nous pouvons maintenant espérer justice.
STAUFFACHER
Le nouveau mattre aura besoin de vaillants amis. Il nous protégera contre la vengeance de l'Autriche. (Us Montagnards ^'émbrassetU entre etix. )
LE SACRISTAIN avec un MESSAGER DE L'EMPIRE.
LE SACRISTAIN
Voici les vénérables chefs du pays.
ROSSEI^MANd et PI^USlEUaS AUTRES.
Sacristain , qu'y a-t-il î
LE SACRISTAUf,
Un messager deTempire apporte l'écrit que voici,
TOUS, à Walthar FiirsL Ouvrez et lisez.
WALTHER FiJRST KL
• Aux prud'hommes d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald, la reine Elisabeth offre sa gr4ce et tout bieo« i
PLUSIEURS VOIX
Que veut la reine? Son règne est fini.
WALTHER FURST iîl«
« Dans sa grande douleur, dans le deuil amer où le trépas sanglant de son époux a jeté la reine , elle se souvient encore de Tantique foi et de l'amour des cantons suisses, »
MELCHTHAL.
C'est ce qu'elle n'a Jamais fait au temps de son bonheur. -
BÔSSELUANN.
Silence ! Écoutons !
WALTHER PÙRST /il.
« Et elle ne doute pas que ce peuple fidèle n'éprouve une juste horreur pour les auteurs maudits de l'attentat. Aussi ce qu'elle attend des trois cantons , c'est qu'ils ne donneront nulle assistance aux meurtriers , et qu'au contraire ils aideront à les livrer aux mains de la vengeance, se souvenant de l'amour et de l'antique faveur que leur a témoignés l'auguste maison de Rodolphe. » (Signes d'impatience parmi les Montagnards. )
PLUSIEURS VOIX
De l'amour ! de la faveur !
STAUFFACHER
Oui , le père nous a témoigné sa faveur , mais quelle raison avons-nous de nous louer du fils t A-t-il confirmé la charte de nos libertés, comme l'avaient fait avant lui tous les empereurs? A-t-il jugé selon les lois de Téquité et accordé sa protection à l'innocence opprimée? Â-t-il seulement voulu entendre les députés que nous lui avions envoyés dans notre anxiété ? Le roi n*a fait pour nous rien de tout cela , et si nous ne nous étions fait justice à nous-mêmes, résolument, de notre propre main, notre misère ne le touchait pas.... De la reconnaissance, à lui? Ce n'est point la reconnaissance qu'il a semée dans ces vallées! 11 était au faite de la puissance, il pouvait être un père pour ses peuples ; mais il lui a plu de ne songer qu'aux siens. Que ceux qu'il a agrandis pleurent sur lui l
WALTHER FÛRST.
Nous ne voulons pas nous réjouir de sa chute , ni nous rappeler maintenant le mal qu'il nous a fait. Écartons ce souvenir! Mais venger la mort du roi qui jamais ne nous a fait aucun bien, et poursuivre ceux qui jamais ne nous ont offensés, cela ne nous convient pas, cela n'est point notre affaire. L'amour est un sacrifice volontaire ; la mort délie des devoirs imposés par la contrainte.. . Nous n'avons plus rien à accomplir envers lui.
HELCHTHAL.
Et si la reine pleure dans sa chambre solitaire, si, dans le délire de sa douleur, elle accuse le ciel, vous voyez ici tout au