ACTE V, SCÈNE II
compter gur aucune protection.... Oh voulez-vous aller? Oit espérez-vous trouver du repos ?
LE PARRIGIDB.
Le sais-je? hélas!
TELL
Écoutez ce que Dieu m'inspire.... Il faut que vous partiez pour ritalie, pour la. ville de saint Pierre. Là, vous vous jetterez aux pieds du pape , vous lui confesserez votre faute et délierez votre ftme.
LE PARRICIDE
Ne me livrera-t-il pas au vengeur?
TELL
Quoi qu*il fasse, soufTrez-le comme venant de la main de Dieu.
LE PARRICIDE
Conmient arriverai-je dans ce pays inconnu ? Je ne sais pas le chemin, je n'ose pas m'associer à des voyageurs.
TÈLL.
Je vais vous indiquer la route , retenez-la bien : vous monterez d'abord en allant contre le cours de la Reuss, qui se précipite, comme un torrent déchaîné, de la montagne....
LE PARRICIDE, avec effroi.
Je verrai la Reuss ? Elle fut témoin de mon crime.
TELL
Le chemin côtoie Tabtme, il est marqué par un grand nombre de croix , élevées en mémoire des voyageurs que Tavalanche a engloutis.
LE PARRiaOE.
Je ne crains pas les terreurs de la nature ^ si je puis maîtriser les affreuses tortures de mon cœur.
Prosternez-vous devant chaque croix , et expiez votre crime par les larmes brûlantes du repentir.... Si une fois vous sortez heureusement de la voie maudite , si la montagne de son sommet glacé n'envoie pas sur votre tète ses tourbillons redoutables, vous arrivez au pont où l'eau se brise en fine pluie. S'il ne croule pas sous le poids de votre faute, si vous le passez sain et sauf, vous verrez s'ouvrir devant vous une sombre voûte de rochers, que le jour n'a jamais éclairée. Vous la traverserez et
elle vous conduira dans une vallée riante et sereine.... mais parcourez-la d'un pas rapide, vous n'avez pas le droit de vous arrêter là où séjourne le repos.
LE PARRICIDE
0 Rodolphe! Rodolphe! Auguste aïeul! Est-ce ainsi que ton petit-fils voyage sur le sol de ton empire?
TELL
Montant toujours ainsi, vous arriverez aux sommets du Saint- Gothard, là où sont les lacs éternels , que remplissent les torrents mêmes du ciel. Là, vous prendrez congé de la terre allemande, et un autre fleuve, au cours rapide, vous conduira de ces hauteurs dans la région d'Italie, qui est votre terre promise.... (On entend le ranz des vaches joué par un grarid nombre de trom-pes des Alpes,) J'entends des voix. Partez !
HEDWIGE entre à la hdte.
Où es-tu. Tell? Voilà mon père qui vient, et tous les confédérés qui approchent en troupe joyeuse....
LE PARRICIDE se couvre le visage.
Malheur à moi ! Je ne puis demeurer dans le voisinage des heureux.
Va, chère femme. Restaure cet homme; charge-le d'abondantes provisions ; car sa route est longue , et il ne trouvera pas d'hôtellerie. Hâte-toi, ils approchent.
HEDWIGE
Qui est-il?
TELL
Ne le"* demande pas, et quand il s'en ira, détourne tes yeux, afin qu'ils ne voient pas quel chemin il suit. (Le Pairidde s'avance vers Tell par un rapide élan; mai^ celui-ci V arrête d'un geste et ï éloigne. {Quand tous deux sont sortis cTtin côté différent, le théâtre change^ et l'on voity dans la