MORTIMER, PAULET
PAULET
Que t'a dit la reine?
MORTIMER
Rien, sir. Rien.... d'important.
PAULET fixe sur lui un regard sérieux.
Écoute, Mortimer! Tu as mis le pied sur un sol trompeur et glissant. La faveur des rois est attrayante, et la jeunesse est avide d'honneur.... Ne te laisse pas égarer par l'ambition!
MORTIMER
N'est-ce pas vous-même qui m'avez amené à la cour?
Je voudrais ne l'avoir pas fait. Ce n'est pas à la cour que notre maison a récolté son honneur. Demeure ferme, mon neveu. N'achète pas trop cher! Ne blesse pas ta conscience!
MORTIMER
Quelle idée vous vient là ? Quelles inquiétudes !
PAULET
Quelque grand que la reine promette de te faire.... ne te fie pas à ses flatteuses paroles. Elle te reniera, quand tu auras obéi, et, pour laver son nom, elle punira l'acte sanglant qu'elle-même aura ordonné.
MORTIMER
L'acte sanglant, dites-vous?
PAULET
Arrière la dissimulation! Je sais ce que la reine s'est promis de toi. Elle espère que ta jeunesse avide de gloire sera plus complaisante que mon inflexible vieillesse. Lui as-tu promis? L'as-tu fait?
MORTIMER
Mon oncle!
PAULET
Si tu l'as fait, je te maudis et je te rejette....
LEICESTER vknU
Cher sir, permettez que je dise un mot à votre neveu. La
disposée pour lui. Elle veut qu'on 1 garde de Marie Stuart.... Elle se
L moi, milord, je me repose sur
moi )uverls. (Il sort.)
TIII.
, étonné.
Q valierï
dEB.
Ji mdue que la reine m'accorde. . . .
! d'un œU scrutateur.
M se Ce à vous t
de même.
Je vous ferai la même question, milord de Leicester,
LEICESTER
Vous aviez quelque chose à me dire en secret.
MORTIMER
Assurez-moi d'abord que je puis l'oser.
LEICESTER
Et qui me répond de vous?... Que ma méfiance ne vous offense pas! Je vous vois montrer un double visage dans cette cour.... L'un des deux est nécessairement faux ; mais quel est le vraiî
MORTIMER
J'éprouve la même chose à votre égard, comle Leicester.
LEICESTER
Qui donc doit commencer à se monti-er confiantï
MOBTIMERi
Celui qui a le moins à risquer.
LEICESTER
Eh bien! c'est vous.
MORTDfER.
C'est VOUS 1 Votre témoignage, la parole d'un lord considérable et puissant, peut me perdre; la mienne ne peut rien contre votre rang et votre faveur.
LEICESTER
Vqus vous trompez, sir. En toute autre chose, je suis puissant ici. Sur ce point délicat où vous voulez que je m'abandonne à votre foi, je suis, à cette cour le plus faible des hommes, et un méprisable témoignage peut me renverser.
MOKTIMER.
Si le tout-puissant lord Leicester s'abaisse devant moi jusqu'à me faire un tel aveu, je puis bien avoir de moi-même une idée un peu plus haute, et lui donner un exemple de magnanimité.
LEICESTER
Précédez-moi dans la voie de la coniiance, je suis prêt à vous suivre.
MORTiHER, tirant rapidement la lettre.
Voici ce que la reine d'Ecosse vous envoie.
LEICESTER tressailU Seffroi et la saisit précipitamment. Parlez bas, sir.... Que vois-je? Ah! c'est son portrait. (Il le baise et le contemple dans un muet ravissement,)
MORTiMER , gut, pendant la lecture^ Va observé attentivement. Milord, maintenant je vous crois.
LEICESTER, après avoir rapidement parcouru la lettre. Sir Mortimerl Vous savez le contenu de la lettre?
Je ne sais rien.
LEICESTEH.
Eh bien! Elle vous a confié sans aucun doute....
MORTIHER.
Elle ne m'a rien confié. Ce serait vous, m'a-t-elle dit, qui m'expliqueriez cette énigme. C'est une énigme pour moi que le comte de Leicester, le favori d'Elisabeth, l'ennemi déclaré de Marie et un de ses juges, puisse être Vhomme de qui la reine, dans son malheur, espère sa délivrance.... Et pourtant il en doit être