‹ Theatre de Schiller;Chapitre 31 sur 335 · EH · texte numérisé non relu

EH

cela en peu de mots. J'ai abs d'intelligence avec les Guise, ms m'a accrédité auprès de la

■ ;ement de religion; c'est là ce

qui a éveillé ma confiance envers vous. Donnez-moi la main. Pardonnez-moi mes doutes. Je ne puis user de trop de précau- ' lion ; car Walsingham et Burleigb me haïssent ; je sais qu'ils m'épient et me tendent des pièges. Vous pouviez être leur créature et leur instrument, pour m'attirer dans le filet....

MOHTIMER.

Ah! qu'un si grand lord marche à petits pas dans cette cour! Comte, je vous plains.

C'est avec joie que je me jette sur le sein loyal d'un ami, où je puis me soulager enCn d'une longue contrainte. Vous vous étonnez, sir, que mon cœur ait si vite changé à l'égard de Marie. Jamais, dans le fait, je ne l'ai haïe.... La contrainte des temps m'a fait son adversaire. Elle m'était destinée depuis de longues années, vous le savez, avant qu'elle eût donné sa main à Darnley, quand l'éclat de la grandeur rayonnait encore autour d'elle. Alors je repoussai froidement ce bonheur. Maintenant, dans la prison, aux portes du tombeau, je la recherche, el au péril de ma vie.

mort™er.

Gela s'appelle agir magnanimement.

LEICESTER

.... La face des choses, sir, a changé depuis. C'était mon ambition qui me rendait insensible à la jeunesse et à la beauté. Alors j'estimais la main de Marie trop peu pour moi, j'espérais posséder la reine d'Angleterre.

MORTIMER

C'est un fait connu, qu'elle vous préférait à tous les autres hommes....

LEICESTER

Gela semblait ainsi, noble sir.... et maintenant, après dix ans perdus d'une recherche infatigable, d'une odieuse contrainte.... Oh ! sir, mon cœur s'ouvre ! Il faut que je me soulage d'une longue irritation.... On m'estime heureux.... Si l'on savait quelles sont ces chaînes pour lesquelles on m'envie.... Après avoir sacrifié dix longues années bien amères à l'idole de sa vanité, après m' être soumis avec une humilité d'esclave à toutes les variations de ses caprices de sultane , jouet de ses petites^ idées fantasques, tantôt caressé par sa tendresse, tantôt repoussé avec une orgueilleuse pruderie, également torturé par sa iaveur et sa rigueur, gardé comme un captif par les yeux d'argus de la jalousie, forcé de rendre compte comme un enfant, grondé comme un valet.... Oh! la langue n'a pas d'expression pour cet enfer!...

MORTIMER

Je vous plains, comte.

LEICESTER

Quand je touche au but, la récompense m'échappe! Un autre vient m'enlever le fruit d'une recherche qui m'a coûté si cher. Mes droits longtemps possédés passent à un jeune et florissant époux. Il faut que je descende de la scène où j'ai si longtemps brillé au premier rang. Ce n'est pas seulement sa main, mais aussi sa faveur, que le nouveau venu menace de me ravir. Elle est femme et il est aimable.

MORTIMER. '

Il est fils de Catherine. Il a appris à fond , à bonne école , l'art de la flatterie.

LEICESTER

Ainsi croulent mes espérances.... Je cherche, dans ce naufrage de ma fortune, à saisir une planche de salut.... et mes yeux se retournent vers ma première, ma belle espérance. L'image de Marie, dans l'éclat de ses charmes, s'est oflerte à moi de nouveau; la beauté et la jeunesse sont rentrées dans tous leurs droits. Ce tfest plus une froide ambition, c'est le cœur qui a

Brdu. 3e la vois avec e, précipitée par ma Lirrai-je la sauver, la î, je réussis i lui rélettre que vous m'aille se donnera à moi

t. Vous l'avez laissé )ur sa mort. Il faut lumière de la vérité I faut que le ciel lui inespéré , sans quoi irriver h vous.

Ah! sir, cela m'a causé assez de tortures! Vers ce temps elle fut emmenée du château de Talbot à Fotheringhay , et confiée à la garde sévère de votre oncle.. Tout chemin pour arriver à elle fut fermé; il me fallut, aux yeux du monde, continuer de la persécuter. Mais ne croyez pas que, spectateur passif, je l'eusse laissé conduire à la mort. Non , j'espérais , j'espère encore empêcher le dernier malheur , jusqu'à ce qu'un moyen se présente de la délivrer.

MORTIMER

Le moyen est trouvé.... Leicester, voire noble confiance mérite d'être payée de retour. Je veux , moi , la délivrer , c'est pour cela que je suis ici ; les mesures sont déjà prises. Votre puissante assistance nous assure un heureux succis.

LEICESTER

Que dites-vous? Vous m'effrayez. Comment? Vous voudriez....

MÛRTIMEB.

Je veux ouvrir de force sa prison. J'ai des compagnons , tout est prêt....

LEICESTER

Vous avez des complices et des confidents! Malheur à moi! Dans quels hasards vous m'entraînez! Et ils savent aussi mon secret î

MORTIMER

N'ayez point de souci. Le plan a été formé sans vous , il serait exécuté sans vous , si elle ne s'opini&trait à vous devoir sa délivrance.

Ainsi vous pouvez na'assurer avec toute certitude que mon nom n'est pas prononcé dans la conjuration ?

MORTIMER

Soyez-en sûr! Tant de scrupules inquiets, comte, au sujet d'une nouvelle qui vous apporte du secours! Vous voulez sauver et posséder Marie Stuart , vous trouvez soudain des amis inattendus, les moyens les plus proches vous tombent du ciel.... et pourtant vous montrez plus d'embarras que de joie ?

LEICESTER

La violence n'est bonne à rien. L'aventure est trop périlleuse.

MORTIMER

Le retard Test aussi.

LEICESTER

Je vous le dis, chevalier , ce n'est point à risquer.

MORTIMER , avec amertume.

Non, pas pour vous qui voulez la posséder! Nous voulons, nous, simplement la sauver , et ne sommes pas si hésitants....

LEICESTER

Jeune homme , vous êtes trop prompt dans une affaire si épineuse , si pleine de dangers.

MORTIMER

Et vous.... bien circonspect dans un tel intérêt d'honneur.

LEICESTER

Je vois les filets qui nous environnent de toute part.

MORTIMER

Je me sens le courage de les rompre tous.

Ce courage est de la témérité , du délire.

MORTIMER

Cette prudence n'est point de la bravoure , milord,

LEICESTER

Vous avez sans doute envie de finir comme Babington?

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