‹ Theatre de Schiller;Chapitre 313 sur 335 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Seigneur, nous baisons humblement ta main paternelle 1 4 « Commande à tes filles!

JOB

Ma mission regarde sœur Marfa.

OLGA

La voici, et elle attend tes ordres. {Toutes les Beliijieuces s'iloignenU )

JOB et MARFA.

JOB

C'est le grand prince de Russie qui m'envoie vers toi. Loin d'ici , sur son trône , il pense à toi; car de même que le soleil, de son œil enflammé , répand en tout sens dansje monde la lumière et Tabondance, ainsi Tœil du souverain est partout. Jusqu'aux extrémités les plus reculées de son empire , ses soins veillent et rien n'échappe à ses regards.

MARFA

J'ai certes éprouvé jusqu'où atteint son bras.

^ JOB

11 connaît les sentiments élevés qui t'animent; aussi ressent-il avec courroux sa part de l'oflense qu'un audacieux ose te faire.

MARFA

JOB

Écoute-moi : un scélérat, dans le pays de Pologne, un renégat, qui, rompant en impie ses vœux monastiques, a renoncé son Dieu , abuse du noble nom de ton fils , que la mort t'a ravi dans son enfance. Ce jongleur impudent se vante d'être de ton sang et se donne pour le fils du czar Iwan. Un woiwode, violant la paix , amène de Pologne sur nos frontières, avec une armée, ce faux roi , qu'il a lui-même créé. Il égare le cœur fidèle des Russes , et les excite à la défection et à la trahison

Le czar m'envoie vers toi dans des vues paternelles...» Tu honores les mânes de ton fils ; tu ne souffriras pas qu'un insolent

SCHILLER. — TU. lU 33

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aventurier lui vole son nom dans le tombeau et usurpe audacieusement ses droits. Tu déclareras hautement, à la face du monde , que tu ne le reconnais pas pour ton fils. Tu ne réchaufferas pas sur ton cœur, qui bat si noblement, le sang bâtard d'un étranger. Tu démentiras, le czar l'attend de toi cette infâme invention , avec la juste colère qu'elle mérite. MARFA a combattu, pendant ce discours, les plus xnolentes émotions. Que m'apprenez-vous, archevêque? Est-ce possible?... Oh! dites-moi! par*quels signes, au moyen de quelles preuves cet aventurier téméraire s*accrédite-t-il comme le fils d'Iwan, le fils dont nous pleurons la mort?

JOB

C'est par une ressemblance fugitive avec Iwan , par des écrits que le hasard lui a procurés , et par un joyau précieux dont il fait parade, qu*il déçoit le vulgaire qui aime à se laisser tromper.

MARFA

Quel joyau? Oh! dites-le-moi !

JOB

Une croix, garnie de neuf émeraudes, que le Knœs Iwan Mestislo wskoy lui a , dit-il , suspendue au cou , à son baptême.

MAHFA.

Que dites-vous?... Il montre ce joyau? {Se faisant violence pour demeurer calme») ....Et comment prétend-il avoir (échappé?

JOB

Un fidèle serviteur, un diacre, l'aurait arraché au meurtre et à l'incendie , puis transporté secrètement à Smolenskow.

HARFA.

Mais où est-il resté?... Où dit-il 8*étre caché jusqu'à cette heure?

JOB

Il aurait grandi, inconnu à lui-même, dans le couvent de Tschudow ; de là il se serait enfui en Lithuanie et en Pologne, où il a servi le prince de Sendomir, jusqu'à ce qu'un hasard lui découvrit son rang.

UARFA.

Avec une telle fable peut-il trouver des amis qui risquent pour sa cause leurs biens et leur sang ?

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