ACTE I
Stanley proteste encore une fois, et s'éloigne sans avoir trouvé croyance. La noble déclaration de Richard efface l'impression des paroles de Stanley.
Hereford confirme ses assurances et promet au duc Richard une grande afïluence de partisans en Angleterre. Richard se rappelle avec émotion le temps où naguère il s'ignorait lui-même, et compare cet état de paisible sécurité avec sa situation présente.
— C'est un pénible devoir, et non un bonheur pour lui, d'être obligé de soutenir ses droits. Il semble réfléchir encore et vouloir que la duchesse réfléchisse, de son côté, s'il doit entreprendre cette lutte sanglante qui troublera la paix des deux pays.
Elle l'encourage, quelque pénibles que lui soient à elle-même la séparation et la pensée de l'exposer aux hasards de la guerre.
— Vifs témoignages de sa tendresse
Elle parle du double intérêt qui lui tient au cœur : la restauration de son neveu , et le mariage d'Adélaïde avec le prince de Gothland , qui doit être bientôt célébré.
Le prince Éric de Gothland demeure seul avec la pnncesse de Bretagne, et se raille de la comédie qu'on vient de jouer sous leurs yeux. Adélaïde est encore fort émue, et se montre blessée de l'insensible froideur d'Éric. Il se moque d'elle, et parle avec mépris du prince d'York. Elle prend vivement le parti de Warbeck, dont la véracité ne lui inspire nul doute, et elle établit entre lui et Éric une comparaison défavorable à celui-ci. Sa tendresse pour le prétendu prince d'York se trahit. Éric lui démontre, par la conduite de Warbeck, qu'il ne peut être un prince, et il trahit par ses arguments l'idée vulgaire qu'il se fait lui-même d'un prince. Adélaïde ne lui cache pas le dédain qu'elle éprouve pour lui, et le rabaisse profondément, par comparaison avec le prince d'York .
Éric a bien remarqué qu'Adélaïde a de la tendresse pour ce dernier , mais sa maligne joie l'emporte sur sa jalousie : c'est une satisfaction pour lui de voir que les deux amants s'aiment sans espérance et que ce sera lui qui possédera la princesse. La possession est tout, à ses yeux , et il trouve une douce jouis-
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sance à arracher à Warbeck , qu*il déteste , celle que Warbeck aime.
Adélaïde, dans un monologue , exprime son amour, sa compassion pour Warbeck, et la douleur que lui cause sa propre situation à la cour de Marguerite. Elle trouve de la ressemblance entre son sort et celui de Richard ; ils vivent Tun et Tautre par la grâce d'une parente altière, impérieuse , et sont les victimes sans défense de la tyrannie.
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