‹ Theatre de Schiller;Chapitre 4 sur 335 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

KENNEDY

Vous raillez, sir.... A la dureté, vous joignez encore l'amère ironie! Elle nourrirait de tels rêves, ensevelie vivante dans œs murs, elle à qui ne parvient de sa chère patrie nul accent de consolation, nulle voix de Tamitié; elle qui, depuis longtemps, n'a vu d'autre figure humaine que le front sombre de ses geôliers; qui, depuis peu, a trouvé un nouveau gardien dans la personne de votre rude parent; qui se voit entourée de nouveaux barreaux...?

PAULET

' Il n'est point de grille de fer qui garantisse de ses ruses. Sais-je si ces barreaux ne sont pas limés, si le sol de cette chambre , si ces murs , solides en apparence , ne sont pas creusés en dedans, et ne peuvent pas donner passage à la trahison pendant mon sommeil? Maudit emploi qui m'est échu, de garder une femme rusée, couvant de funestes desseins! La crainte m'arrache au somineil ; je rôde la nuit comme une âme en peine ; je m'assure de la force des verrous et de la fidélité des gardiens, et c'est toujours en tremblant que je vois venir le matin, qui peut réaliser ma crainte. Mais, grâce à Dieu! il y a espoir que cela finira bientôt; car j'aimerais mieux, en faction à la porte de l'enfer, garder la troupe des damnés, que de veiller sur cette xeine artificieuse.

KENNEDY

La voici qui vient elle-même!

PAULET

Le Christ à la main , la superbe et la volupté mondaine dans le cœur.

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