ACTE V, SCÈNE I
coup la porte s*ouyre.... C'est sir Paulet qui nous annonce.... que.... les charpentiers dressent sous nos pieds Téchafaud. {Elle st détourne f saisie d'une violente douleur. )
MELYIL.
Juste Dieu ! Ohl dites-moi , comment Marie a-t-elle supporté cette terrible révolution?
KENNEDY, après une pause ^ pendant laquelle eUe a repris
quelque empire sur eUe-mime.
On ne se détache pas de la vie peu à peu. G*est tout d*un coup, soudain , à Finstant , qu'il faut échanger le temps contre Téternité , et Dieu , en ce moment , a fait à ma maîtresse la grâce de repousser, d'une âme résolue, les espérances de la terre, et de s'élancer, pleine de foi, vers le ciel. Nul indice de pftle frayeur , nulle parole de plainte n*a dégradé ma reine.... Ce n'est que lorsqu'elle a appris l'infâme trahison de lord Leicester , le malheureux sort du digne jeune homme qui s'est sacrifié pour elle, et qu'elle a vu la profonde douleur du vieux chevalier , privé par elle de sa dernière espérance.... ce n'est qu'alors que ses larmes ont coulé : ce n'est pas son propre destin , c'est la douleur d'autrui qui les lui arrachait.
MELYIL.
Oii est-elle maintenant ? Pouvez-vous me conduire près d'elle?
KENNEDY
Elle a veillé et prié le reste de la nuit; elle a fait par écrit ses adieux à ses chers amis et tracé son testament de sa propre main. Maintenant elle se livre un instant au repos ; le dernier sommeil répare ses forces.
MELYIL.
Quiest auprès d'elle?
KENNEDY
Son médecin Burgoyn et ses femmes.