‹ Theatre de Schiller;Chapitre 74 sur 335 · ELISABETH, LE COMTE SHREWSBURY · texte numérisé non relu

ELISABETH, LE COMTE SHREWSBURY

ELISABETH

Soyez le bienvenu, noble lord ! Que venez- vous m'apprendre? Ce ne peut être une affaire sans importance qui conduit ici vos pas, aune heure si avancée.

SHREWSBURY

Grande reine , ma sollicitude , mon cœur inquiet pour votre gloire , m'a poussé aujourd'hui à la Tour , où Kurl et Nau , les secrétaires de Marie, sont emprisonnés; je voulais éprouver encore la vérité de leur témoignage. Consterné , embarrassé , le lieutenant de la Tour se refuse à me montrer les prisonniers ; c'est par la menace seulement que j'ai obtenu l'entrée... Dieu ! quel spectacle s'est alors offert à moi ! Les cheveux en désordre, l'œil égaré , comme un coupable tourmenté par les furies , l'Ëcossais Kurl était étendu sur sa couche.... A peine le malheureux me reconnatt-il , qu'il se précipite à mes pieds.... Criant , étreignant mes genoux avec désespoir , se tordant devant moi comme un ver.... il me supplie, me conjure de lui apprendre le sort de sa reine , dkv le bruit qu'elle était condamnée à mort avait pénétré dans les profondeurs de la Tour. Quand je lui al confirmé ce bruit, selon la vérité, ajoutant que c'était son témoignage qui la faisait mourir, ils'est levé d'un bond, a attaqué son compagnon avec fureur , l'a terrassé avec la force prodigieuse d'un frénétique , s'efforçaiit de l'étrangler. C'est avec

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