‹ Theatre de Schiller;Chapitre 81 sur 335 · PROLOGUE, SCENE II · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCENE II

SOUS ses mains , vos troupeaux , vos moissons prospèrent merveilleusement; sur tout ce qu'elle fait, elle répand un bonheur surabondant, inconcevable.

TfflBAUT.

Oui certes! un bonheur inconcevable.... J'éprouve, à voir cette bénédiction, je ne sais quelle horreur!... N'en parlons plus. Je me tais; je veux me taire. Dois-je accuser ma propre et chère enfant? Je ne puis rien qu'avertir, prier pour elle; mais c'est mon devoir d'avertir.... Puis cet arbre; ne demeure pas seule; ne déterre point de racines vers minuit; ne prépare point de breuvages et ne trace pas de signes sur le sable.... L'empire des esprits s'ouvre pour peu qu'on creuse ; ils sont là qui attendent sous la mince surface du sol, et, entendant le plus léger bruit, ils s'élancent en haut. Ne demeure pas seule, car, dans le désert, Satan a abordé le roi du ciel en personne.

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