‹ Theatre de Schiller;Chapitre 87 sur 335 · Sam la première édition · texte numérisé non relu

Sam la première édition

< Et celui-là sera notre maître qui recevra l'huile sainte à Notre-Dame de Reiiiif, et placera la couronne, sur sa tète à Saint-Denis. >

sanglant du péril. Ainsi m'a appelée la voix de l'esprit; ce n'est pas un désir vain et terrestre qui me pousse.

Car celui qui, sur les sommets de THoreb, dans le buisson ardent, s'abaissa, enflammé, jusqu'à Moïse, et lui ordonna de se présenter devant Pharaon ; celui qui jadis choisît pour son champion le berger, le pieux enfant de Jessé ; celui qui toujours s'est montré propice aux bergers, celui-là m'a parlé du milieu des branches de cet arbre : « Va ! tu me rendras témoignage sur la terre.

« Je veux que tu serres tes membres dans le rude airain, que tu couvres d'acier ta poitrine délicate. Que jamais l'amour d'un homme n'allume dans ton cœur les flammes coupables des vains désirs terrestres. Jamais la couronne de fiancée ne parera ta chevelure, nul aimable enfant ne fleurira sur ton sein. Mais je te glorifierai de la gloire des combats, par-dessus toutes les femmes de la terre.

« Quand les plus braves perdront courage dans la bataille , quand la dernière heure de la France approchera, alors, tu porteras mon oriflamme, et comme la moissonneuse agile abat les épis, tu abattras le vainqueur orgueilleux. Tu tourneras la roue de la fortune , porteras le salut aux fils héroïques de la France, délivreras Reims et couronneras le roi ! »

Le ciel m'a promis un signe, il m'envoie ce casque, c'est de lui qu'il me vient : ce fer me pénètre d'une force divine, et l'ardeur des chérubins embrase mon cœur de ses flânâmes. Je ne sais ce qui m'emporte dans le tumulte de la guerre et m'entraîne au loin avec la violence de l'orage : j'entends le cri puissant du combat retentir à mon oreille, le cheval de bataille se cabre et les trompettes résonaent. {ElU sort.)

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