‹ Théatre de sociétéChapitre 107 sur 113 · HENRIETTE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

HENRIETTE, LE CHEVALIER

LE CHEVALIER, dans le fond du théâtre.

Enflx je la revois...; véritablement cette maison est aujoiirclbnl coiiiiiie ces palais enclianlés, dont tous les habiîans sont invisibles... ! cbacun est renfermé cbez soi, et.... Mais qa'avez-vouSj mademoiselle...? Quoi ! verrai-je toujours vos beaux yeux obscurcis par cetle sombre tristesse... ?

Si mes regards vous peignaient le dédain le mieux fondé, le mépris le plus profond, j'avouerais qu'en effet....

LE CHEVALIER

Qu'entends - je... ! et que peut signifier...?

HENRIETTE

N'attendez de moi ni reprocbes ni explication : je n'ai voulu vous parler encore que pour vous déclarer que je ne vous verrai jamais, et pour vous demander mes lettres....

LE CHEVALIER

O ciel! est-il possible... !

HENRIETTE

J ose croire que vous ne pouvez me refuser mes lettres ; encore une fois , je vous les redemande....

LE CHEVALIER

Vos lettres... ! Non, ne l'espérez pas; elle me sont plus chères que ma vie ; jamais, jamais elles ne sortiront de mes mains. Hélas! elles deviennent aujourd'hui ma seule consolation, l'unique bien qui me reste... ! et vous avez la cruauté de vouloir me le ravir... I

HENRIETTE , à part.

Cet excès de fausseté me rend enfin à moi-même... !

LE CHEVALIER , à part.

Elle s'émeut, continuons... ! ( Haut. ) Que vous connaissez mal ce cœur que vous déchirez... ! Vos lettres ! je m'en détacherais, je pourrais me résoudre à cet affreux sacrifice. . . î Ah ! ne fût-ce que pour un jour, ne fût-ce que pour une heure, un instant.... il me serait impossible....

HENRIETTE , très-froidement.

C'en est assez... : vous ignorez vous-même le bien que vous venez de me faire....; je

vous dois enfin.... ce que nul autre ne pouvait me donner.... Adieu; je suis à présent entièrement satisfaite. {Elle sort. )

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