LA MARQUISE, SOPHIE
SOPHIE
Ma mère. . . dans quel état j e vous vois. .«.- Ah! qu'est-il arrive.... ? vous éliez avec le baron.... !
O Sophie.... mon imprudeme et falale tendresse a peut-être découvert une partie de mon secret.... ! Cette crainte horrible manquait à ma misère....!
SOPHIE
Qu'entends- je 5 hélas !
LA MARQUISE
Je n'ai rien dit ; mais je n'ai pu cacher l'effroi mortel dont ses discours m'ont pénétrée... ! Le barbare! il est moins occupe de sa douleur que du soin de sa vengeance... ! Ah ! s'il a lu dans mon âme , c'en est fait, mon fils est perdu...!
SOPHIE
Il ne peut , après tout , avoir que de l'étonnemenl, et quelques idées 0'">Tifuses qu'il vous sera facile de détourner....
LA MARQUISE
Il sait que fal un fils.
SOPHIE
Il doit savoir en même temps qu'il s'est toujours appelé le chevalier de Valcour, et qu'il n'a jamais été en garnison à Valenciennes j s'il a quelques soupçons ,*troyez qu'en vous quittant son premier soin aura été de charger un de ses gens de prendre , dans le village et aux environs , tous les éclaircissemens possibles relatifs à mon frère , et ce qu'on lui dira ne peut que le dissuader....
Mais cet ordre du roi qu'il a reçu ce jour même, et qui nous Ole tout moyen de défense, s'U découvre sa malheureuse victime...! ces gens armés qu'il peut rassembler ici dans le court espace de temps d'un quart d'heure ; cet espion qui se cache , et qui sans doute est l'homme qu'il attend .... ! tout doit porter au comble la terreur et l'épouvante qui m'accablent.
SOPHIE
Jamais votre courage ne nous fut si nécessaire....
LA MARQUISE
Il ne m'abandonnera point... ! O Sophie!
si ce jour affreux doit livrer voire frère à son persécuteur, ce n'est qu'en m otant la vie qu'on pourra l'arracher de mes bras... Mais ne perdons point en vains discours le temps précieux qui nous reste...; allons chercher le baron de Sénanges.... Venez ma fille.... {Elles font quelques pas pour sortir. )
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