partie
CONSTANCE
Vous me faites frémir... !
SOPHIE
Ah Constance ! armez-vous de courage , vous en aurez besoin —
CONSTANCE
Ciel...! il s'agit de votre frère.... Mais vous m'avez dit hier au soir que vous aviez reçu une lettre de lui, et qu'il vous priait de me la communiquer. . . .
SOPHIE
C'est le concierge qui m'a remis cette lettre.... La voici, tenez, lisez... Maisaupa-
ravant, voyez encore si Rose est toujours là.
CO^'STANCE
J'y vais....
SOPHIE
O mon frère ! mon frère. . ! quelle sera la fin de cette cruelle aventure... !
CONSTANCE , revenant.
Rose est là , Pauline ne paraît point ; profitons de cet instant favorable ; donnez^ ma chère Sophie , calmez ou confirmez mes mortelles alarmes...?
SOPHIE, lui donnant la lettre.
Hélas... ! qu'allez-vous apprendre...!
CONSTANCE, ouvrant la lettre.
La date est de jeudi malin... !
SOPHIE
C'était hier.. 7.
CONSTANCE
Hier ! mais le régiment de monsieur de Valcour est à quarante lieues d'ici ; comment avez-vous pu recevoir sa lettre le même jour?
SOPHIE
Ah Constance! mon frère n'est plus a son régiment , il est ici. . . .
CONSTANCE
11 est ici,.. î
SOPHIE
Ah dieu ! n'élevez pas la voix ', si Von nous entendait... ! Oui, il est caché dans ce château.... Mais lisez celte fatale lettre, elle vous instruira de tout... Tenez... pas^ sez cette première page.... c'est ici que commence le détail de celle malheureuse aventure : Vous savez que le régiment.
CONSTANCE, lisant.
ff Vous savez que le régiment du mar^ « quis de Valcé est à trente lieues de la » ville où je suis, et vous connaissez toute J) l'aniilié qui m'unit à Valcé. Une lettre » ^\\\\ de nos amis communs m'apprit » qu'il avait perdu une somme considé- )) rahle au jeu, et qu'il était au désespoir. » Voulant sans délai voler à son secours, » je chargeai mon valet de chambre de » répandre le bruit que j'étais malade , » afm de me dispenser de mon service, » et je partis sur-le-champ, comptant re- » venir sous deux jours au plus tard. >t
SOPHIE
Vous reconnaissez là mon frère.. J
CONSTANCE
Eh quoi donc! une action si noble pourrait-elle avoir eu des suiles dangereuses. .1
SOPHIE
Hélas... î Mais aclievez.
CONSTANCE, « Comme je partais sans congé, je pris j) la précaulion de changer de nom, et j'ar- )) rivai à Valenciennes sous celui du che- » valier de Mirville. En entrant dans la » ville, je ne pensais point sans altendris- )) sèment, ma chère Sophie, que je n'étais » plus qu'à quinze lieues de ma mère et )) de mes sœurs..,, n
SOPHIE
Paix...! j'entends du bruit.
CONSTANCE
C'est Rose.
Ah ! rendez-moi ma leiire../^El/e prend la lettre et la met dans sa poche. )
ROSE anire précipitamment et mystérieusement} elledit en passant près de Sophie :
Mademoiselle Pauline est sur mes talons. ( Elle traverse le théâtre, et sort par le côté opposé à celui par lequel elle est venue. )
SOPHIE
Est il rien de plus cruel... !
CONSTANCE
Allons dans notre chambre.
SOPHIE
Pauline nous y suivra de même... Mais je l'entends. Au nom du ciel dissimulez le trouble qui vous presse ; l'intérêt le plus cher nous en fait une loi.... La voici, changeons d'entretien.