SCÈNE III
LE MARQUIS, seul.
Je ne pouvais plus me contenir.... Emu, troublé jusqu'au fond de l'âme, j'allais tomber à ses pieds, lui dévoiler , lui dire, dans un langage qu'elle ignore, le secret fatal de ma vie. Eli quoi! j'ai eu la force de cacher, de renfermer cette passion depuis plus de trois ans , et un instant m'allait ravir peut-être et mon courage et ma vertu ! Quatre mois d'absence n'ont donc fait qu'irriter ce sentiment qui me domine.... Ah! c'en est fait, je ne suis plus digne de garder un dépôt si précieux. Malheureux! et quel est mon espoir... ! celui d'être aimé.... Non, je ne l'ai même pasj en vain elle me prodigue toutes les preuves de la tendresse la plus touchante : quand je l'entends, quand je la vois, séduit, égaré, tout concourt à m'abuser ; mais , absent d'elle, bientôt de cruelles réflexions viennent détruire une illusion si dangereuse.... Ce jeune homme dont elle m'a parlé....
quel est-il...? Je trouve ici le chevalier de
Villers,... si c'était lui...! Mais il aime Clafice, ils doivent s'unir.... Ce jour va détruire ou confirmer mes soupçons.... O ciel! il me manquait le tourment de la jalousie.... On vient; cachons, s'il est possible , le trouble affreux qui me surmonte.